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S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn.

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MessageSujet: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 16:31


Samson, Hendrikus WALLANDER.

âge : 422 ans. ; ➝ date et lieu de naissance : La date précise est inconnue, il sait seulement être né en l'an 1589, à La Haye, Provinces-Unies (actuels Pays-Bas). ; ➝ profession : antiquaire. ; ➝ orientation sexuelle : tout ce qui est susceptible de lui donner du plaisir est bon à prendre. ; ➝ groupe : vampires. ; ➝ avatar : Michael Fassbend-meov-er. ; ➝ prénom/pseudo : weak-girl. ; ➝ fille ou garçon ? : ponette. ; ➝ code du réglement : les pommes de terre coupées, ça fait plaisir (ou quelque chose comme ça). ; ➝ où avez-vous connu le forum ? : dans un kinder surprise. ; ➝ un dernier petit mot ? : Mutant and proud!
© naphtaline



© sophie-d

La saison idéale ? L'hiver.
L'objet idéal ? Son fedora noir fétiche.
L'amant idéal ? Bleidd Perkins.
Le lieu idéal ? Une plage au crépuscule.
Le plat idéal ? L'artère fémorale d'une jeune vierge.

    j'aime ; l'immortalité, le sang humain, les Ecossais, les rousses, Mozart, les films en noir et blanc, le théâtre, fumer même si ça ne sert à rien, la guerre, avoir raison, les levers de lune, lire Oscar Wilde, les enfants (au petit-déjeuner), Audrey Hepburn, les chevaux, les petits séjours en prison, avoir un compte en banque bien rempli, être craint, les comédies musicales.
    j'aime pas ; l'humanité, les questions, les prêtres, les historiens qui se croient omniscients, les ordres, Jane Austen, la nourriture humaine, la télévision, le sang animal et synthétique, le feu, l'eau, le vent, la pâte à modeler, Stephenie Meyer, les motards, les chasseurs, la technologie en général.




“There’s a time when a man needs to fight, and a time when he needs to accept that his destiny is lost…
The ship has sailed and only a fool would continue.”

« Ce sera un garçon, » murmura l’homme, une main sur le ventre arrondie de son épouse. La femme recula d’un pas pour mettre fin au contact et secoua la tête avec véhémence.
« J’espère de tout mon cœur que non. Je ne supporterais pas d’en avoir deux comme toi au sein de ma maison. » La mâchoire entrouverte à cause de la violence des paroles, l’homme la regarda s’éloigner, une boule dans la gorge et l’estomac noué. Chaque jour que Dieu faisait lui rappeler à quel point il était inutile, il aurait cru qu’avec le temps l’opinion de son épouse allait changer mais, au contraire, elle ne faisait que l’enfoncer dans sa propre misère. Il avait échoué dans son mariage comme il l’avait fait tout au long de son existence. Malheureusement pour eux, il leur était impossible de mettre un terme à cette union bancale. Ils étaient liés jusqu’à ce que la mort les sépare. La femme devait avoir prié pieusement pour les événements qui allaient suivre.

*

« Ton nom, paysan ! Quel est ton nom ? »
« Hendrikus… » L’homme était agenouillé dans la terre humide et glaciale. Son regard était pointé vers le bas, refusant de faire face aux soldats qui l’entouraient dans des ricanements sinistres. L’un d’entre eux, pas le plus costaud mais sans nul doute le plus teigneux, l’attrapa par les cheveux et le força à relever la tête. « Hendrikus Wallander ! » grogna la victime avec plus de ferveur.

Il ne s’était pas attendu à un tel guet-apens. Il s’était simplement rendu sur ses terres pour vérifier l’état de ses clôtures. Quelle surprise avait-il vécu en se rendant compte qu’elles avaient été démolies et éparpillées à travers champs. Il aurait pu supporter de les retaper sans chercher les coupables – il n’aurait de toute façon rien fait contre eux –, il aurait d’ailleurs préféré ne jamais les rencontrer. Hélas, sa curiosité l’avait attiré jusqu’à l’orée du bois qui entourait sa propriété ; il y avait trouvé un campement militaire qu’il n’avait pas pu fuir sans se faire remarquer. On lui avait demandé qui il était et ce qu’il voulait avec un fort accent espagnol – preuve qu’il s’agissait de l’ennemi – mais le froid et la peur l’avaient paralysé. Cependant, nul homme ne résiste à la torture physique et psychologique. Surtout pas un homme tel que lui.


« Wallander. Ce sont tes champs ? » Un coup violent dans sa nuque lui indiqua qu’il ne s’agissait pas d’une question rhétorique.
« Oui. »
« As-tu déjà connu la guerre, paysan ? »
« Non, monsieur. Pitié, laissez-moi partir… » Le soldat espagnol ne prit pas sa requête en considération, il ne sembla même pas l’entendre.
« La plus grande fierté d’un soldat est de mourir sur le champ de bataille. Je vais te donner l’occasion d’être un homme en t’autorisant à mourir en héros sur tes propres champs. »
« Je ne suis pas un héros, je ne veux pas l’être, je veux vivre. » Sa voix était chevrotante, suppliante. Elle n’avait, en effet, rien de celle d’un héros. « Je vous en supplie. » L’étreinte se resserra sur son cuir chevelu. Les muscles de son cou se tendirent sous la douleur.
« Tu vas nous venir en aide, paysan, tu vas sauver cette garnison. N’est-ce pas un honneur ? » En guise de réponse, une larme roula sur la joue rugueuse de Hendrikus. « Et tu n’auras même pas besoin de te battre. »
« Qu’est-ce que vous voulez de moi ? »
« Demande-toi plutôt ce que lui voudra de toi. Vois-tu, il y a une créature qui nous traque depuis notre arrivée en ville. Tu vas la ralentir, pour nous. » Le soldat n’avait pas terminé sa phrase qu’il sortit son poignard et entailla le torse du fermier sur toute la longueur. Hendrikus poussa un râle en retombant mollement au sol. « Ta bravoure est des plus appréciée, paysan. » Un nouveau coup, plus fort que les autres, derrière le crâne de Wallander le fit s’écrouler, tête dans la boue, et il perdit connaissance.

*


Des bribes d’images s’accumulèrent sur sa rétine. La lumière des torches laissa la place à l’obscurité la plus totale. De la boue plein le visage, la bouche, ainsi que sur l’écorchure superficielle mais sanglante de son torse, Hendrikus poussa sur ses bras affaiblis par la température négative et se redressa, retrouvant la position à genoux qui l’avait tant fait souffrir quelques heures plus tôt. Plusieurs minutes passèrent, le hululement lointain d’un hibou pour toute compagnie, et le paysan lâcha un soupir de soulagement. Il n’était pas à la moitié de sa bruyante expiration qu’une silhouette plus noire que la nuit elle-même se dressa devant lui. Le cœur battant, Hendrikus se recula vivement, tombant à la renverse mais se redressant prestement en prenant appui sur ses bras. Il rampa sur un mètre avant d’être arrêté dans sa fuite par l’individu qui se tenait déjà derrière lui. La vitesse à laquelle il avait parcouru cette distance était inhumaine, même un homme aussi peu cultivé que Wallander en avait la certitude. La créature n’était donc pas une invention des espagnols dans le but de l’effrayer. Elle était réelle. Et elle allait le détruire.

« Pitié. » Grognement. « Pitié. » Larmes. « Si vous me comprenez, je vous en supplie, épargnez-moi. » Ricanement. Alors elle le comprenait. « Ma maison n’est qu’à quelques minutes de marche… J’ai une femme… Elle est enceinte… Prenez-la à ma place. » Dans un bruissement, la créature repassa devant lui et vint s’accroupir à sa hauteur. Elle avait forme humaine, des cheveux, des mains, cependant ses traits étaient déformés et ses canines ressortaient anormalement.
« Quel genre d’être es-tu pour sacrifier ta femme et ton enfant pour ton propre salut ? »
« Je ne suis pas un héros, » répéta-t-il, en écho à ce qu’il avait confessé au soldat. « Je sais que mon existence ne vaut rien, mais c’est tout ce que j’ai et je ne veux pas la perdre. » Le vampire – car vampire il était – agrippa ses longs doigts fins sur la gorge de Hendrikus et le souleva sans l’ombre d’un effort. L’homme glapit sans pour autant se débattre.
« Tu es la personne la plus pathétique qu’il m’ait été donné de rencontrer et, crois-moi, j’en ai vu des tas au cours de ma longue vie. » L’étreinte autour de la gorge de l’humain se resserra, lui coupant la respiration. Son visage vira au rouge dans la seconde qui suivit ; il suffoquait, ne parvenait plus à articuler le moindre mot. Ses larmes creusaient des sillons dans la terre qui maculait son visage, dévoilant ses traits naturellement beaux mais que la lâcheté avait entaché depuis sa plus tendre enfance. « Je n’ai encore jamais goûté au sang d’un lâche. » La créature, sans effort apparent, jeta le corps de sa victime sur plusieurs mètres, ce dernier retombant comme un pantin désarticulé. Il n’eut que l’occasion de reprendre une bouffée d’air glacé avant d’être surplombé par la masse du vampire.
« Vers le nord… » Wallander fut pris d’une quinte de toux qui lui offrit un répit bienvenu. « Les soldats, ils sont partis en direction du nord… C’est eux que vous voulez, pas moi. »

La bête à forme humaine ne put empêcher un gloussement rauque. Le bout de son index vint caresser la joue de Hendrikus qui sourit à travers ses larmes, soudainement apaisé, persuadé qu’il avait gagné sa libération grâce à cette information. La morsure qui suivit lui arracha par conséquent un hoquet de surprise, en même temps qu’une bonne partie de la peau de son cou. Sa bouche resta pâteuse. Il attendit qu’elle fût envahie de sang mais le vampire interceptait le tout avant qu’il ne remontât par son œsophage. La vie lui échappait peu à peu, néanmoins de l’air emplissait toujours ses poumons. La souffrance était terrible, pourtant, il la sentait s’amoindrir au fil des minutes. Bientôt, son organisme ne fut plus que fourmillements et frissons. Le monstre mit fin à son repas et positionna son visage à quelques centimètres seulement de celui du fermier. Il lui sourit. Une goutte de son propre sang vint s’écraser contre ses lèvres, s’insinuant entre elles et conférant à sa bouche un goût métallique.

« Meilleur que ce à quoi je m’attendais. C’est pourquoi je vais te laisser une chance. Si tu ne la gâches pas, je t’autoriserais à devenir mon serviteur, mon protégé. » Rien dans sa voix ne laissait transparaître que la survie de Hendrikus était envisageable ; il l’avait déjà enterré mais était trop raffiné pour lui exposer la vérité. Inconsciemment, l’homme à moitié mort lui en fut reconnaissant. Il ignorait ce que ces mots signifiaient, il ne voyait pas comment il pourrait devenir quoi que ce fût alors qu’un voile blanc l’aveuglait déjà, cependant, il s’accrocha à ce maigre espoir. Une heure, deux heures. Le soleil reparut dans son dos. Il continua sa course, brûlant sa peau qui n’était plus habituée. Petit à petit, chaque membre de son corps s’éteignit. Il était incapable de bouger, néanmoins ses yeux ne se fermèrent pas, ils contemplèrent le ciel à mesure que celui-ci changeait de couleurs, passant du bleu aux tons orangés du crépuscule. Pas une seule seconde, et ce en dépit de la souffrance terrible qui le rendait muet, il n’oublia la promesse faite par le vampire. Sa chance, il ne la laisserait pas passer. C’était sa seconde et ultime chance, il en était persuadé, mais cette fois, il ne faillirait pas.


Dernière édition par Samson Wallander le Lun 6 Juin 2011 - 0:55, édité 16 fois

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 16:32


"What I give to you is just what I'm going through.
This is nothing new, no, no just another phase of finding what I really need is what makes me bleed."

Tintement de verre, effluves de parfum masquant péniblement l’odeur « naturel » des invités, l’eau cascadant d’une fontaine en arrière-plan, costumes encombrants et robes bouffantes jusqu’aux chevilles, la scène avait l’air tout droit sorti d’un film – procédé qui n’existait pas encore au moment des faits – d’époque. Un seul invité avait fait le choix d’une tenue décontractée, laissant au placard la perruque de rigueur ainsi que le jabot blanc au profit d’une chemise sombre. Les regards se tournaient sur son passage, les rumeurs circulaient, mais l’intéressé n’en avait cure ; au contraire, donner matière à parler faisait partie de ses aspirations quotidiennes. Il s’agissait de la raison numéro deux de sa présence à ce « dîner de plein air » organisé par la – soi-disant – baronne McCracken, ancienne amante de Wallander. Ce dernier, qui répondait au prénom Samson depuis le jour de sa transformation, perdit l’intérêt de la foule au profit de la véritable raison pour laquelle il avait accepté l’invitation. Un sourire craquela son expression jusqu’alors sérieuse et l’homme rejoignit l’attroupement qui s’était formé autour de Bleidd Perkins, alias le dernier né de la maîtresse des lieux. C’était la troisième fois qu’il se trouvait en sa présence depuis qu’il avait rejoint les rangs toujours grandissant de la caste vampirique ; cependant, Samson avait l’impression qu’il le connaissait depuis toujours, et ce en dépit des trois répliques qu’ils avaient échangées. Le manque de tenue – au sens propre comme au figuré, puisqu’il parlait avec entrain sans un vêtement sur le dos en dehors d’un caleçon qui le mettait indécemment en valeur – du jeune vampire perturba la baronne qui l’intima discrètement d’aller enfiler quelque chose. Wallander profita de l’occasion pour s’immiscer subtilement à l’intérieur du gigantesque manoir écossais, il suivit sa « proie » sans se faire remarquer jusque dans sa chambre puis s’installa dans l’un des nombreux fauteuils qui peuplaient la pièce. Il attendit sagement que le jeune homme ressortît en se servant un verre du liquide épais et rouge qui constituait l’aliment tant favori qu'unique des vampires.

« Excusez-moi, êtes-vous perdu ? » L’accent écossais de Perkins résonnait agréablement aux oreilles de Samson, davantage habitué au ton agressif des Irlandais du Nord.
« Plus maintenant, » répondit-il simplement, l’invitant d’un geste de la main, et comme si c’était lui l’hôte de la maison, à prendre place près de lui. Il lui tendit le jumeau de son verre sans se défaire de son air satisfait. « La chasse a-t-elle été fructueuse ? » Samson inspira profondément l’odeur humaine qui émanait de son interlocuteur, non sans une légère grimace qui s’évanouit en un instant.
« Je ne chasse pas. Shona dit que c’est le travail des domestiques. »
« Veuillez excuser mon impudence mais votre maîtresse a tort. Elle vous prive de la meilleure partie du jeu : la traque. » Le vieux vampire croisa les jambes en sirotant une gorgée de sang. Bleidd le fixa longuement, une expression insondable sur le visage.
« Ecoutez, monsieur… Wallander, c’est bien ça ? » Samson acquiesça en silence, sans détourner le regard. « J’ignore quels sont vos antécédents avec ma créatrice, mais elle s’occupe de moi et me procure tout le sang dont j’ai besoin. Je n’ai aucunement le droit de me plaindre. »
« Elle fait de vous son nouvel animal de compagnie. Il est bien connu que l’on ne mord pas la main qui nous nourrit. Madame Cracken l’a très bien compris et s’assure ainsi de la bonne volonté de ses ‘enfants’ depuis des siècles. » Bleidd porta sa coupe à ses lèvres et but goulûment l’intégralité de son contenu, profitant de ce laps de temps pour réfléchir. Son aîné venait de toucher une corde sensible. Il se sentait bel et bien enfermé, étouffé, dans les bonnes intentions de celle qui l’avait transformé ; néanmoins, il ne lui était jamais venu à l’esprit de vivre sans elle. C’était comme renier sa propre mère, comme rejeter sa propre femme. Improbable. Impossible. Samson se redressa lorsqu’il constata les gouttes de sang qui perlaient sur les lèvres de son compagnon. Il étira son bras jusqu’à lui pour, d’un revers du pouce, venir essuyer doucereusement l’hémoglobine récalcitrante. « Loin de moi l’idée de vous perturber avec mes opinions. » Il ramena son pouce entre ses propres lèvres pour se délecter des quelques gouttes exquises qu’il venait de récupérer. « Je ne voudrais pas avoir l’air de m’immiscer entre un couple aussi soudé que vous deux. »

Le centenaire se releva de son siège, avec difficulté puisqu’il ne désirait nullement se dispenser de la compagnie du jeune Perkins ; cependant, il ne pouvait en être autrement, l’effet désiré impliquait de laisser planer le mystère sur ses intentions. Rester trop longtemps risquait de compromettre ses plans. Tant pis si cette séparation blessait son cœur inutile.

« Monsieur Wallander, » l’interrompit-il au moment où il allait franchir la porte. L’individu en question se retourna avec un sourire qu’il ne chercha même pas à dissimuler.
« Je vous en prie, appelez-moi Samson. »
« Samson… Qu’est-il arrivé à votre créateur ? »
« Disons simplement que je ne supportais plus d’être réduit à l’état d’esclave et que je m’en suis débarrassé. » Il hocha la tête dans une expression mystérieuse avant de disparaître de l’autre côté de la porte, abandonnant un Bleidd Perkins pensif et quelque peu perturbé. La balle était dans son camp. A lui de jouer. A lui de faire le bon choix.


"No matter how many lives I live, I will never regret.
There is a fire inside and it started a riot about to explode into flames.
Where is your god? Where is your god? Where is your god?"

Sa présence était incrustée dans le bois des portes, dans le papier peint sur les murs, sur les touches du piano qu’il avait acheté pour lui, dans la soie des draps qu’ils avaient tant de fois partagés. Il était partout sauf là où il devait se trouver. Installé dans l’un des fauteuils composant son salon, Samson fixait le vide de la pièce soi-disant « à vivre ». Vivre était présentement tout ce à quoi il n’aspirait pas ; non qu’il fût suicidaire, loin de là, mais il avait perdu le goût de tout depuis que Bleidd avait claqué la porte d’entrée à la suite d’une énième dispute. Les notes de Beethoven dispensées par son vieux tourne-disque n’égayait pas son humeur, pas plus que le cigare cubain qu’il venait de terminer. Il s’était préparé pour sortir quelques heures plus tôt mais avait annulé, à défaut de ressentir la motivation nécessaire, et était rentré derechef à l’intérieur. A cet instant précis, il éprouvait une haine sans nom à l’égard de celui qui avait pris un malin plaisir à piétiner son cœur inexistant, il lui en voulait d’être parti en hurlant, il était en colère parce que cela faisait plus d’une semaine qu’il ne l’avait pas revu. Il était difficile de savoir à qui était la faute, néanmoins il était clair dans l’esprit du vampire que la responsabilité revenait à ce petit ingrat de Perkins. Trois coups frappés contre la porte d’entrée le tirèrent de sa torpeur. Samson se leva d’un bond, imaginant l’espace d’une seconde qu’à force de penser à lui, il était parvenu à faire revenir son amant. Toutefois, son entrain retomba bien vite lorsqu’il sentit une odeur familière mais qui n’était pas celle escomptée. Il passa une main dans ses cheveux, dans le but de leur redonner une forme plus présentable, avant d’ouvrir pour dévoiler la silhouette menue d’une brunette.

« Anna, » siffla-t-il sans grande conviction mais sur le ton doucereux dont il faisait usage sur les simples humains.
« Je dérange ? » Le vampire hocha négativement la tête. « Je suis désolée d’arriver comme ça, sans prévenir. Mais tu m’avais donné cette adresse en cas d’urgence… Et je n’avais nulle part où aller donc j’ai pensé à toi… » La lèvre supérieure de Samson tiqua sur l’utilisation du tutoiement. Il ne s’y faisait pas, il méprisait toujours autant le fait d’être considéré comme l’égal d’un être humain.
« Calme-toi. Respire un grand coup et raconte-moi ce qui s’est passé. » Il s’approcha de la très jeune femme, passa un bras protecteur autour de ses épaules et l’emmena à l’intérieur du loft.
« Je me suis disputée avec ma sœur, » lâcha-t-elle une fois assise sur le canapé, la tête entre ses mains. « C’était violent, elle a dit que j’étais folle et inconsciente de m’attacher autant à des créatures sans âme. »
« Elle a dit ça ? » Samson prit place aux côtés de la demoiselle, leurs bassins se touchant. Anna hocha la tête avec un réel désarroi dans le regard. Le vampire lui caressa tendrement la joue. « Ta grande sœur s’inquiète pour toi, il n’y a rien de plus normal. Elle a peur de ce qu’elle ne connait pas. » Ses doigts remontèrent le long de sa mâchoire, il écarta une mèche de cheveux rebelle sans interrompre le contact charnel entre eux.
« Je lui ai dit que vous n’étiez pas tous des monstres sanguinaires. »
« Tu lui as parlé de moi ? » Cette fois, Samson ne put réprimer une intonation glaciale. Il avait strictement prohibé la mention de son nom en dehors de leurs petits têtes-à-têtes, si elle avait fait preuve d’irrespect vis-à-vis de leur règlement, il allait se fâcher.
« Seulement vaguement. Je jure que ni ton prénom, ni ton nom, encore moins ton adresse n’ont été dévoilés. Je ne suis pas si bête. » Comme un enfant à la recherche de réconfort, Anna vint enfouir sa tête contre le torse de celui qu’elle considérait autant comme un sujet d’étude que comme un ami. Elle posa une main sur son torse. Main que le vampire s’empressa de recouvrir de la sienne.
« Bien sûr que non. » Il fit glisser ses doigts le long de sa peau de porcelaine, créant ainsi de la chair de poule sur le sillage de ses caresses. « Tu peux rester ici tant que tu le voudras. »

La jeune femme balbutia un vague remerciement en relevant son visage vers celui, déjà baissé, de son sauveur. D’un mouvement accordé, leurs lèvres se rencontrèrent en un baiser d’abord tendre puis de plus en plus intense. Anna l’avait désiré depuis si longtemps, dès l’instant où elle avait posé ses yeux sur le vampire. Samson, de son côté, laissait simplement parler ses instincts les plus primaires. Elle n’était pas son type, mais il était trop désemparé pour faire la fine bouche. En outre, il avait faim. Très faim. Adroitement, ses doigts passèrent sous le T-shirt de l’humaine, s’attardant sur sa poitrine tandis qu’elle-même s’activait à déboutonner sa chemise. Tout ceci n’avait rien de prémédité, Wallander répondait simplement à la détresse que tous deux ressentaient ; ils devaient faire front ensemble. Même si, au final, ce ne serait que pour son salut à lui. Il pouvait prédire qu’il ne resterait pas grand-chose de la pauvre petite une fois qu’il en aurait fini avec elle. Les hauts volèrent, chacun partit à l’assaut du pantalon de l’autre. Samson gagna cette course et allongea Anna sur le canapé sans que cette dernière ne puisse émettre la moindre objection – étant donné l’inégal rapport de force, elle n’aurait de toute manière rien pu tenter. Il glissa une main dans sa petite culotte, lui tirant un râle de plaisir qu’il contint à l’aide d’un baiser fougueux. Les doigts blafards du vampire enserrèrent ses cuisses tandis qu’il se reculait pour placer son visage à cette hauteur. Anna remonta les bras par-dessus sa tête, prête à profiter au maximum de ce qu’il allait lui faire. Si seulement elle avait fait preuve de plus de discernement. Elle aurait dû suivre les conseils de sa sœur, elle n’aurait jamais dû venir jusqu’ici. Elle n’aurait jamais dû s’intéresser à lui dans un premier temps. Elle avait signé son arrêt de mort des mois auparavant.

« Tu sais, Anna. » Il n’interrompit pas la course de ses baisers sur la cuisse de sa victime. « Il faut toujours écouter ses aînés. » Il la sentit se crisper sous ses paumes alors qu’il sortait les crocs et les plantait en plein dans l’artère fémorale. L’humaine se débattit mais l’emprise du vampire était trop puissante. Plus elle hurlait pour appeler à l’aide, plus intenses se faisaient les lampées qu’il prenait. Au bout de quelques minutes, toute couleur avait disparu de la figure de la demoiselle qui ne marmonnait plus que des supplications. La bouche recouverte d’hémoglobine, Samson remonta jusqu’à son visage, qu’il redressa délicatement pour la forcer à le regarder.
« Pou… Pourquoi ? » Sa faiblesse était palpable, il en eut presque de la peine. Il lui sourit, de ses dents tachées de rouge écarlate.
« Ma douce, un agneau, aussi adorable et innocent soit-il, ne pourra jamais attiser la sympathie d’un loup affamé. » Il passa un bras derrière sa nuque, rapprocha ses lèvres des siennes et, alors que ces dernières prenaient possession de la bouche de la brunette, un craquement sinistre retentit dans l’immense appartement. Samson se releva, attrapa sa chemise et la reboutonna dans une succession de gestes habituels. Essuyant son visage d’un revers de manche, il jeta un rapide coup d’œil sur le corps sans vie qui fixait le plafond dans une expression de terreur. Si nombreuses étaient les victimes des circonstances. Se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment n’était jamais une bonne chose. Anna Galloway venait de l’apprendre à ses dépens.


Dernière édition par Samson Wallander le Lun 6 Juin 2011 - 21:31, édité 14 fois

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 16:32

MICHAEL, MICHAEL. * tente de se calmer* I love you
WELCOME.

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 17:15

Bienvenue sur le forum ^^

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 18:58


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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 19:16

REEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE papa

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 19:22

Merci, merci Cool

Nepy ~> Fiou Laughing

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 19:42

Haaaaa c'est un re bienvenue en fait ! roooh j'ai l'air de quoi moi maintenant ? xd
Il a de sacré yeux dit donc, je suis en extase devant la première bannière !

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 19:50

Non mais c'est fini, je te parle plus, Poulpy. Tu m'as vexée là

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 19:51

Hein ? Bah pourquoi donc Corpsie choute ??

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 19:52

Tu m'as accueillie comme une vulgaire inconnue Sad

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 19:54

Bah écoute je n'étais pas au courant moi ! xd Je ne savais pas que tu t'es recyclée en " ponette ". Bon j'avoue avoir eu un doute avec " kinder surprise " et " mutant " mais bon... Laughing

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 19:59


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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 20:01

RE =D
C'est cool que vous ayez trouvé une solution, ça promet des trucs assez drôles. Wink
Bon courage pour la fiche ! =D

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YOU'RE SO SUPERSONIC. Wanna feel your powers. Stun me with your laser. Your kiss is cosmic, every move is magic. You're from a whole other world, a different dimension.

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 20:03

Laughing Surtout quand ils vont se retrouver face à face. Et même pour les autres je viens de penser et



... OH MON DIEU !! On pourra intervertir nos boyfriends. xD

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cold in a summer breeze, you're shivering on your bended knee. still, when you're heart is sore and the heavens pour like a willow bending with the storm, you'll make it. running against the wind, playing the cards you get, something is bound to give. there's hope for the hopeless.


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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 20:06

Vous avez qu'à faire une partouze à 4 aussi. ^^

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YOU'RE SO SUPERSONIC. Wanna feel your powers. Stun me with your laser. Your kiss is cosmic, every move is magic. You're from a whole other world, a different dimension.

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 20:09

Ha oui !! Comme ces frères japonais et siamois qui ont chacun une femme et des enfants !

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 20:23

Vous êtes tellement ignobles Suspect
Si Bleidd est d'accord, Sam l'est aussi Arrow

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 21:05

Shocked Qu'est-ce qu'il ne faut pas lire Arrow
Juste une chose, je ne pense pas que ce soit plaisant d'avoir un rapport avec "soi-même", je dis ça comme ça hein

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 21:09

J'avoue ! Mais qu'est-ce que ça peut être drôle pour nous lecteurs

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Nous sommes ce que nous pensons. Tout ce que nous sommes résulte de nos pensées.
I couldn’t spill my heart. My eyes gleam looking in from the dark. I walk out in stormy weather. Hope my words keep us together. Steady walking but bound to trip. Should release but just tighten my grip.

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 21:13

    Bribri t'es pas sortable Laughing

    Rebienvenue I love you

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 21:16

Merci I love you

Bleidd Perkins a écrit:
Shocked Qu'est-ce qu'il ne faut pas lire Arrow
Juste une chose, je ne pense pas que ce soit plaisant d'avoir un rapport avec "soi-même", je dis ça comme ça hein

Passées trois générations, y a prescription, hein
Mais Samson ne partage pas, tu as raison drunken

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 21:22

Son petit petit petit fillot non plus. Laughing

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cold in a summer breeze, you're shivering on your bended knee. still, when you're heart is sore and the heavens pour like a willow bending with the storm, you'll make it. running against the wind, playing the cards you get, something is bound to give. there's hope for the hopeless.


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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 21:24

Si c'est dans les gènes, c'est incurable, damn it Laughing Arrow

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn. Ven 3 Juin 2011 - 21:27

Tous les mêmes lol! lol!

En espérant que ça négocie plus du côté adverse Laughing Arrow

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MessageSujet: Re: S. WALLANDER ♠ the night is darkest just before the dawn.


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