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And I'm somewhere in between [b.]

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MessageSujet: And I'm somewhere in between [b.] Dim 7 Aoû 2011 - 16:03



would you catch me if I fall out of what I fell in ? I don't want to run away from this.

Jonah ne se reconnaissait plus. Ou à peine. Bien sûr, depuis la mort de Christina, il dormait mal mais les cauchemars avaient fini par faire parti de son quotidien et il composait avec eux du mieux qu’il pouvait. Aujourd’hui, cependant, les choses étaient différentes. Il se tournait et se retournait dans le lit de son petit motel, ne trouvant jamais le sommeil, ses longues jambes s’emprisonnant dans les draps moites de sueur, les yeux refusant de se clore, le corps refusant de se relaxer. Et son esprit ne faisait que se focalisait sur les évènements de la journée évidemment mais revenaient toujours vers des bribes d’évènements qui ne le quittaient pas malgré les journées, voir les semaines qui s’étaient écoulées. Il avait beau traquer. Il avait beau torturer. Il avait beau mentir. Il avait beau boire plus que de raison. Quoi qu’il fasse, quelle que soit la personne qu’il était amené à rencontrer, son esprit se focaliser sur les deux journées qu’il avait passé avec cet autre écossais dont le nom était comme gravé en lettre de feu dans son esprit, le marquant au fer. Ce n’était pas même deux journées. Une nuit, un début de matinée et une heure. Ce n’était vraiment rien.

Deux semaines s’étaient écoulées depuis qu’il avait fait irruption dans le laboratoire où Micheal travaillait. Deux semaines qu’il était sorti de sa vie aussi vite qu’il n’était rentré. En principe. Il n’arrivait cependant pas à le sortir de son esprit. Il sentait encore son odeur. Il entendait encore sa voix. Il voyait encore le bleu de ses yeux. Il sentait encore la sensation délicieuse de sa peau contre la sienne, tout deux dissimulé sous les couvertures. Il sentait encore la morsure profonde de la jalousie lorsqu’il l’avait vu avec ce vampire, jalousie qui avait pris le pas sur toute pensée cohérente. Il avait lutté pendant des jours. Il s’était interrogé sur ses véritables sentiments. Et il ne pouvait plus les renier plus longtemps, quant bien même cela bouleversait toutes ses certitudes. Mais une sirène l’avait déjà fait pas le passé, comment pouvait-il ne pas être en proie une fois de plus au doute. Contrairement à certains de ses camarades de classe, il ne s’était jamais interrogé sur sa sexualité durant son adolescence. Il n’avait pas davantage fait d’expérimentations à l’université, comme cela était pourtant la norme. Il avait toujours été un hétérosexuel pure souche, sûr de ses préférences. Il n’avait jamais trouvé le corps masculin particulièrement attrayant. Il n’avait jamais même pensé à faire dériver son regard sur les corps de ses partenaires de sport. Et pourtant, Micheal éveillait en lui un désir si puissant qu’il s’était rendu compte qu’il avait du mal à le contenir en sa présence.

Même en son absence, d’ailleurs. Où qu’il aille, il pensait le croiser à chaque coin de rue, le découvrir dans la silhouette menue d’un passant, dans l’azur du regard du client de ce bar, dans l’éclat de voix à ce supermarché. Et voilà que ça le reprenait alors qu’il observait sans faire attention un jeune homme traverser la rue pour se rapprocher du lac. Il se figea immédiatement sur place et son pouls cardiaque s’accéléra plus que de raison. Jamais il ne pensait qu’il aurait la chance de le revoir et le fait de l’apercevoir au détour d’une rue lui emplissait tant le cœur que cela en devenait ridicule. Pris d’une pulsion subite et incontrôlable, il traversa à son tour la rue, courant légèrement pour éviter de se faire écraser par une voiture qui dût freiner. Il la remercia d’un geste de la main et s’arrêta avant de franchir la séparation entre le macadam et l’herbe. Il ignorait encore comment l’aborder, ce qu’il devait lui dire ou faire pour s’excuser de son comportement intolérable la dernière fois. Il poussa un profond soupir et regarda autour de lui, tentant de trouver l’inspiration ou un indice sur sa conduite à adopter. Valait-il mieux pour lui tourner les talons et rater la chance de présenter ses excuses au jeune homme ? Mais Micheal voulait-il seulement les entendre ?

Il se gratta l’arrière de la tête et sentant un vent agréable parcourir sa peau et le dirigeant vers le lac, il prit ceci comme un signe d’aller rejoindre Micheal. Tant pis, il improviserait. Mettant sa main dans ses poches, il ne put empêcher un léger sourire se poser sur ses lèvres fines en se rendant compte que c’était à quelques pas d’ici qu’il avait rencontré le jeune homme cette nuit-là. L’endroit où il l’avait sauvé dans tous les sens du terme. Il ne le savait pas encore à l’époque. Jonah accéléra l’allure afin de rattraper le jeune homme et parvenu à quelques pas de lui, il se remit à marcher normalement, se sentant aussi nerveux qu’une lycéenne devant le quaterback du lycée pour lequel elle avait le béguin. « Hey. » l’appela-t-il. Il lui adressa un large sourire mais derrière lequel on devinait la nervosité qui le parcourait en cet instant précis. « C’est marrant de te voir ici. » ajouta-t-il une fois que Micheal se fut retourné et eut du mal à se détourner de l’azur de son regard. Il n’en avait de toute manière pas envie. Néanmoins, il promena son regard sur la surface place du lac dont il savait plus que tout autre n’être qu’une apparence.

Quelque peu apaisée et rassuré par le fait que le jeune homme ne l’ait pas tout de suite rejeté et lancé d’aller au diable, il maintint son attention sur l’étendue d’eau, bien décidé à ne pas faire la comparaison avec les yeux de Micheal. « A propos de la dernière fois … » Il se gratta l’arrière de la nuque, voulant trouver les mots parfaits pour s’excuser. Il n’était pas habitué. Il mettait toujours un point d’honneur à ne jamais s’excuser, surtout quand il avait eu tort. « Je suis désolé. » Finalement, les mots étaient sortis plus facilement qu’il ne l’aurait imaginé. Il grimaça cependant : « Je n’ai pas l’habitude mais je crois que c’est ce genre de chose qu’on dit dans cette situation et quand on le pense. Alors … » Il tourna son regard vers le jeune homme et poursuivit. « Je ne m’attends pas à ce que tu me pardonnes mais sache au moins que je m’excuse d’avoir réagi ainsi. »

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MessageSujet: Re: And I'm somewhere in between [b.] Dim 7 Aoû 2011 - 22:29


(c) tumblr

« Qu’est-ce qui te prend ? » S’enquit la jeune femme assise à ses côtés. « Pourquoi tu t’arrêtes ? » Elle n’obtint aucune réponse de la part de Bleidd qui s’était lourdement enfoncé dans le fond du canapé, les bras nonchalamment étendus le long de ses cuisses. « Je parle à un mur ? » La demoiselle tendit la main dans sa direction mais elle fût rapidement interrompue dans sa tentative de contact physique car déjà des doigts blafards étaient venus enserrer son frêle poignet. « Tu vas me dire ce qui se passe ? » Renchérit-elle à nouveau tout en cherchant un moyen de libérer son articulation de toute évidence bloquée car malgré ses mouvements inutiles, la main du vampire ne bougeait pas d’un seul centimètre. Devant ce manque flagrant d’intérêt à son égard, elle se redressa et glissa discrètement l’une de ses jambes en travers des cuisses de la créature, un sourire malicieux au coin des lèvres. « Candice… » Souffla-t-il entre ses dents d’un ton fatigué. Il relâcha l’étreinte de son poignet pour venir placer sa main sur son mollet afin de déloger sa jambe de son emplacement actuel. La prénommée Candice vit en ce simple geste une invitation à poursuivre ses avances qu’il ne désirait pourtant pas le moins du monde. Alors qu’elle s’installait à présent à califourchon sur lui, l’Ecossais émit un profond soupir de lassitude. Face à ce refus d’obtempérer – il l’avait toutefois mise en garde une première fois avant d’agir –, il utilisa sa vitesse vampirique pour inverser les rôles et ainsi avoir le dessus sur elle. Après l’avoir contrainte à s’allonger sur le divan, il s’assit sur le bord de ce dernier tout en restant penché au-dessus d’elle, un bras tendu à côté de son visage pour le maintenir en équilibre et la surplomber de toute sa masse. « Tu ne respectes pas les clauses de notre marché. » Murmura-t-il d’une voix plus posée. « Conditions que tu connais parfaitement pourtant. » Dans une attitude malicieuse, l’humaine entama une longue série de douces caresses de la joue de Bleidd qui détourna légèrement la tête pour lui intimer d’arrêter. Chose qu’elle ne fit, bien entendu, pas. « Je pensais pouvoir te convaincre de les modifier un tout petit peu… » Son index traça des cercles invisibles sur sa joue avant de dessiner le contour de ses lèvres déjà rosies naturellement mais davantage colorées ce soir à cause du sang qui était venu les entacher. « Tu penses mal. » Trancha-t-il d’un ton sec qui ne lui ressemblait définitivement pas.

Il se savait maître de ses mouvements et de ses pensées, et pourtant une personne – bien qu’absente – persistait à interférer inconsciemment dans ses affaires. Deux semaines, peut-être plus, l’éloignaient de sa dernière dispute en date avec Samson. Plus les jours s’écoulaient, moins il parvenait à conserver son calme. Le temps était supposé apaiser le moindre des maux. Au lieu de cela, il accentuait chacun de ses tourments. Il était déjà passé plus d’une fois par cette phase pénible alors pourquoi celle-ci semblait plus douloureuse que les autres ? Lui, qui avait été séparé de sa moitié pendant une dizaine d’années, semblait aujourd’hui peiner à surmonter cet éloignement de quelques jours. Comme si la situation était insurmontable, il imaginait déjà le Hollandais remplacer sa compagnie agaçante par celle, plus légère, d’un nouveau-né naïf et façonnable. Cette prétendue rupture ne lui avait hélas apporté rien de bon. Plus impatient qu’à l’accoutumée, il perdait rapidement son flegme légendaire. Un rien l’excédait. La présence de mortels dans la même pièce que lui l’indisposait tout comme elle le contentait en même temps.

C’est sans vraiment s’en rendre compte qu’il perdit totalement pied et mordit une nouvelle fois dans la jugulaire de la jeune femme, à l’emplacement même où deux petits trous rouges avaient été creusés par ses canines affinées. Ses doigts se crispèrent jusqu’à ce que sa main se ferme et que seul son poing s’appuie sur le coussin du canapé. Ses lèvres aspiraient le liquide rouge avec une avidité qui l’avait quitté depuis des décennies. Chacune de ses lampées étaient voraces. Même sa langue s’était mêlée à la fête et ne laissait aucune goutte lui échapper. Parfaitement conscient de lui faire mal en entamant ainsi sa chair avec aussi peu de douceur, le vampire plaqua sa main contre les lèvres tremblantes de la jeune femme dont les cris de douleur finissaient étouffés contre sa paume. Si cette cruche ne s’était pas éloignée des sentiers battus, tout spécialement tracés pour ses soins, il ne se serait pas inutilement énervé pour ensuite déraper. Il n’aurait pas non plus laissé l’occasion à son esprit d’avoir des pensées pour Samson. Ainsi, jamais il ne lui aurait fait payer cette distance nouvellement instaurée entre eux deux. Il n’était plus totalement lui-même mais qu’y pouvait-il ? Aussi plaisantes ou – au contraire – déplaisantes étaient les remarques de son compagnon, il les écoutait car il le savait à ses côtés. Même s’il ne suivait que très rarement ses conseils, il était toutefois rassuré par sa présence. Aujourd’hui, il n’avait plus aucune directive à suivre. Au lieu de lui insuffler un sentiment de liberté, ne plus posséder de repères s’avérait plus problématique qu’il ne le pensait.

Il abandonna la jeune femme à son triste sort, c’est-à-dire à moitié vidée de son sang et prise de spasmes convulsifs, et quitta aussitôt le domicile de cette dernière. La notion du chaud et du froid lui échappait mais il éprouvait le besoin inexpliqué de sentir l’air frais du soir fouetter son visage pâle. A deux pas de l’appartement se tenait un imposant lac, certainement plus vieux que toutes les habitations qui l’entouraient. Pensif, il ne comprit pas tout de suite qu’une personne s’adressait à lui. De toute manière, personne n’avait l’habitude de le héler de cette façon. Seulement, quand la voix – qu’il crut d’abord lointaine – se fit plus proche, il se retourna pour faire face au nouvel arrivant. Se mordant la lèvre inférieure dans une mimique perplexe, il détailla attentivement l’allure de l’homme qui l’avait présentement rejoint au bord du lac et qui semblait bien décidé à garder le regard dirigé vers l’eau. La tenue vestimentaire de Samson ne lui était nullement familière, tout comme cette coupe de cheveux novatrice et en pagaille qu’il arborait. Et ces paroles indécises… Ce manque d’assurance ne lui correspondait tellement pas que Bleidd demeura silencieux un long moment, se glissant une main dans les cheveux. C’était comme si Samson s’était déguisé en quelqu’un d’autre, sans doute pour détendre l’atmosphère. Se jouait-il de lui ? Ses excuses paraissaient sincères, c’est la raison pour laquelle il ne releva pas la touche humoristique de la situation. « Tu… » Commença-t-il avant de s’interrompre lui-même en percevant les pulsations cardiaques qui tambourinaient le torse de son compagnon. Soit une personne au physique vraisemblablement très maigre se cachait derrière lui sans qu’il ne l’ait remarqué, soit une chose encore vivante avait élu domicile dans l’estomac de Samson et lui conférait une humanité presque convaincante. « Excuses acceptées. » Conclut-il simplement avec un large sourire tout en effectuant un pas dans sa direction. « Toute cette histoire était stupide de toute manière. » Reprit-il, n’ayant pas du tout conscience qu’une double conversation avait lieu. « Ca me fait plaisir de te voir. » Il fit glisser le dos de sa main contre la joue rugueuse de l’homme. Ce cœur battant et affolé continuait de l’intriguer. Visiblement, quelque chose clochait mais il ne parvenait pas à dire quoi. Bien que physiquement différent, il était encore en mesure de reconnaître celui avec qui il avait passé plus de trois-cent ans. « Je pensais que tu m’en voulais… » Son doigt ripa volontairement sur ses lèvres, étirant l’inférieure vers le bas à mesure que son index descendait jusqu’à son menton.

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MessageSujet: Re: And I'm somewhere in between [b.] Lun 8 Aoû 2011 - 17:44

Un air étonné vint remplacer le sourire qui s’était dessiné sur ses lèvres lorsque le jeune home lui avait indiqué être heureux de le voir. Il l’était également à un point qu’il avait encore du mal à admettre. Les deux semaines qu’il avait passé sans le voir avaient été une véritable torture. C’était d’ailleurs stupide qu’elles l’aient été. Après tout, ils ne se connaissaient presque pas et il avait très bien vécu sans lui auparavant. Mais l’espace d’une nuit avait suffit pour bouleverser son univers. C’était comme si Micheal était entré sans frappé et avait tout détruit sur son passage de telle sorte que le passé ne comptait plus, n’existait même plus. Ou presque. Il fronça légèrement les sourcils et s’apprêtait à le contredire. Non jamais, il ne pourrait lui en vouloir. Oh, bien sûr, il avait ressenti de la colère et de la rancœur à l’égard de l’écossais mais ces sentiments s’étaient au fil des jours retournés contre lui-même. Mais avant qu’il ait eut la chance de le nier, Micheal fit un geste qui le figea sur place et lui fit battre le cœur de manière si rapide qu’il crut qu’il allait s’arrêtait. Il cessa purement et simplement de respirer en sentant le dos de la main du jeune homme contre sa joue rugueuse de son éternelle barbe de quelques jours et se perdit dans l’azur de son regard.

Il le trouvait encore plus séduisant que dans son souvenir. Il n’avait pas réellement changé, peut être juste ses cheveux étaient un peu plus long, ou tout simplement coiffé autrement. Mais il émanait de lui quelque chose d’indéfinissable, une aura magnétique dont on ne pouvait se détourner. Il y avait un changement notable entre le Micheal qu’il avait connu quelques jours auparavant et celui qui se tenait devant lui. Cependant, il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus sur cette différence. De la même manière, il ne savait dire si elle était en bien ou en mal. Elle était là tout simplement. Elle faisait partie de lui et Jonah l’acceptait tel qu’il était, entièrement. Il n’entendait plus se disputer avec lui sur le sort des vampires. Ils avaient chacun leur opinion mais ça ne changerait ce qu’il ressentait à son égard. Comme lors de leur première rencontre, il était attiré de manière irrémédiable par le jeune homme, à la différence que cette fois-ci, il ne souhaitait plus résister contre cette attraction, quant bien même elle soit contraire à tout ce qu’il avait cru auparavant. Ses yeux d’un bleu plus encore limpide que des jours auparavant l’incitaient à se noyer dedans et à ne plus jamais s’éloigner d’eux, s’éloigner de lui.

Il sentit des frissons courir le long de son corps, partant de ses lèvres sur lesquelles Micheal venait de faire glisser son doigt. Sa joue était encore en feu, ressentant toujours le contact de la peau du jeune homme contre la sienne, causant un violent désir qui le prit par surprise, lui coupant le souffle. Inconsciemment, il s’humecta les lèvres alors que le doigt du jeune homme était toujours sur son menton, goûtant le fantôme de l’empreinte légèrement salée qu’il avait laissé sur son passage. Dans un état second, ses yeux bleus s’assombrirent de désir alors qu’il avait du mal à réaliser la situation. Il n’osait croire que ce qu’il ressentait pouvait être partagé par lui et pourtant ce genre de geste n’était pas anodin, surtout s’agissant de deux quasi-inconnus. Jouait-il avec lui ? Lui avait-il suffit d’un simple regard pour se rendre compte de l’état dans lequel il était capable de le mettre ? Ou pensait-il la même chose que lui en cet instant précis ?

Il hocha négativement la tête et murmura pour lui-même, dans un souffle : « Que Dieu soit miséricordieux » avant de poser délicatement sa paume contre la joue de Micheal et d’approcher en douceur son visage du sien jusqu’à ce que leurs lèvres entrent en contact. Le baiser, d’abord chaste et timide comme les premiers baisers le sont toujours, curieux de découvrir l’autre, de goûter ses lèvres, son odeur et l’aspérité de sa bouche, s’intensifia lorsque le jeune homme rapprocha son corps de celui de l’écossais, sa main remontant le long de son bras pour venir s’échouer dans sa chevelure, remontant le long de son cou pour terminer dans le creux de sa nuque. Des frissons lui parsemèrent le corps alors que leurs lèvres s’entrouvraient, dévoilant un tout nouveau monde qui s’offrait à Jonah. C’était un baiser comme il n’en avait jamais eu auparavant. La passion pure suintait par chaque pore de sa peau alors que le désir grandissait de minute en minute, faisant battre ses veines. C’était loin d’être le baiser doux et sucré qu’il avait pu échanger avec les représentantes du sexe féminin. C’était plus animal, davantage bestial mais pour autant tout aussi profond. Il sentait une connexion entre eux ou alors peut être n’était-ce que le fruit de son imagination. Ce n’était en rien comme il l’avait imaginé, rêvé ou fantasmé. C’était mieux. C’était réel.

Finalement, il rompit le baiser, le cœur au bord des lèvres, et frissonna au contact de l’air. Il avait l’impression qu’on lui avait arraché son oxygène, raison pour laquelle il ne s’était pas éloigné tant que ça du jeune homme, restant toujours à une distance respectable séparant d’à peine quelques centimètres leurs corps et leurs lèvres mais de telle sorte qu’il puisse de nouveau plonger son regard dans le sien. « Wow. » murmura-t-il alors qu’un large sourire se dessinait sur son visage tant et si bien qu’il venait même à lui faire mal aux zygomatiques. Il se passa de nouveau la langue sur sa lèvre inférieure, retrouvant le goût de Micheal sur ces dernières. « Je n’aurai jamais pensé … » Il se coupa en plein milieu de sa phrase, ayant du mal à trouver les mots. Il n’aurait jamais pensé que leurs retrouvailles se passeraient comme ça. Il n’aurait jamais imaginé qu’embrasser Micheal ressemblait à ça. C’était différent de tout ce qu’il avait vécu jusqu’à présent, différent mais plaisant. Son regard se fit sérieux alors qu’il leva la main vers le front du jeune homme pour dégager son front, l’empêchant d’admirer ces yeux bleus qu’il vénérait. « Ce que je ressens pour toi ... » Il secoua négativement la tête. Avait-il besoin de préciser ce qui se lisait dans son regard ? Ses doigts frôlèrent la tempe du jeune homme et il remarqua combien elle était froide comparée à la sienne et à l’air ambiant.

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MessageSujet: Re: And I'm somewhere in between [b.] Mer 14 Sep 2011 - 21:59

Cette distance péniblement tenue entre Samson et lui s’était éternisée beaucoup trop longtemps. Le simple fait de savoir qu’aujourd’hui toute cette histoire se situait loin derrière eux était extrêmement libérateur pour le vampire. Pourtant, ce n’était pas la première fois qu’ils passaient par une telle épreuve. Des séparations, ils en avaient connu plusieurs. Certaines avaient même duré plusieurs années. Une véritable torture pour deux âmes sœurs comme eux, attachés à ce point l’un à l’autre. Cette fois-ci, il était simplement question de semaines. Néanmoins, cela n’enlevait rien à la douleur ressentie quand il n’était pas à ses côtés. La difficulté aurait sans nul doute était beaucoup plus facile à traverser si son homme s’était trouvé à l’autre bout du pays. Au lieu de cela, il était contraint de supporter son aura enivrante qu’il était d’ailleurs persuadé d’être en mesure d’humer un peu partout dans la ville sans, hélas, avoir l’opportunité ou le droit de s’en approcher. La frustration grandissante qui l’avait assaillie, essentiellement ces derniers jours, trouvait à présent du réconfort dans la situation présente. Elle s’estompait progressivement, davantage au contact de ses douces lèvres contre les siennes. Bleidd se sentait presque idiot d’être autant rassuré de le retrouver, et surtout de le montrer de cette manière, aussi ouvertement. Comme si, dans le fond, il avait craint l’espace d’un instant d’être définitivement séparé de lui alors que, jusqu’à présent, la vie avait toujours fait en sorte de les réunir à nouveau. Leur immortalité leur assurait des retrouvailles forcées, peu importait les circonstances et les aléas. Le destin était de leur côté, il l’avait toujours été et le sera encore longtemps. Il le savait.

D’abord surpris par les mots du vampire, les yeux perçants de l’Ecossais se braquèrent vers ceux, émeraude, de son compagnon tandis qu’il savourait la douceur de ce baiser qu’il partageait avec une affection certaine. Samson était définitivement étrange, pensa-t-il. Il n’était pas dans ses habitudes de jurer. Et quand bien même se lancerait-il sur cette voie, le ton de la plaisanterie serait forcément utilisé. Là, le sérieux qui se lisait dans son regard et l’expression figée de son visage dénotaient clairement avec sa personnalité initiale. Cela le laissa perplexe et pensif un court instant. Ses pensées furent rapidement happées par l’intensité que prenait présentement le baiser. Il les mit donc sagement de côté afin de profiter un maximum de ces retrouvailles pas tout à fait comme les autres, mais promettait cependant de revenir sur ce détail un peu plus tard. Inconsciemment, il préférait nettement mettre ce changement radical sur le compte de l’émotion même si Samson n’était pas un homme très émotif. Cela pouvait s’avérer valorisant et flatteur de le sentir déstabilisé par la situation, comme s’il n’arrivait pas à canaliser les sentiments qui se bousculaient autour de la porte de son cœur maintenant qu’ils s’étaient retrouvés.

Il y avait quelque chose de différent. Un changement de la part de l’Hollandais qui n’était ni bon ni mauvais. C’était juste… surprenant. Etant donné les événements actuels, Bleidd était réellement à deux doigts de se demander si Samson n’était pas vraiment chamboulé par leur précédente dispute. La manière dont il l’avait embrassé, l’endroit où s’étaient posées ses mains sur lui, le jeu de sa langue autour de la sienne, l’hésitation intrigante de son regard. Il donnait presque l’impression d’être intimidé. Ce n’était nullement déplaisant. Perkins ne disait jamais non à un peu de douceur, il avait par ailleurs bien souvent du mal à l’obtenir de la part du grand brun qui préférait la spontanéité et l’imprévisibilité plutôt que de répondre à ses quémandes répétées. Au contact de sa main sur son front, il inclina imperceptiblement la tête de côté, davantage quand ses doigts s’immiscèrent à la naissance de ses cheveux afin de les repousser. Son cœur sans vie s’emballa insensiblement, de nombreux mots doux et affectueux remontèrent le long de sa gorge avant d’interrompre leur course au bord de ses lèvres. Comme bien souvent, Bleidd ressentait le besoin indescriptible d’exprimer ouvertement ses sentiments. Il s’agissait d’une nécessité. Mais il avait pleinement conscience de le faire un peu trop fréquemment. Et pour éviter de lasser son compagnon, il ravala son amour démesuré et le fit rebrousser chemin avec une lampée de salive inutile.

Ce geste lui permit cependant de réellement réaliser que quelque chose d’incohérent flottait dans l’air. Ce tambourinement qu’il percevait n’avait toujours pas cessé son activité, bien au contraire. Il fronça légèrement les sourcils face aux paroles, presqu’absurdes, qu’il prononçait à présent. Depuis quand s’extasiait-il pour un baiser si anodin ? Dans leur quotidien tout du moins. Pour quelle raison se montrait-il à ce point hésitant ? Enfin, pourquoi était-il tout simplement bizarre ? Avec rapidité, Bleidd se rapprocha le plus possible de lui avant de saisir son visage dans le creux de ses mains blafardes. Ses yeux bleus affichèrent un air grave alors qu’il conservait le silence et ne prenait pas la peine d’apporter une quelconque réponse à ce qu’il venait de formuler un peu plus tôt. Ce silence soudain lui offrit la possibilité de se concentrer sur ces fameux battements qui n’avaient cessé de l’obséder depuis qu’il l’avait vu, même s’ils avaient été mis de côté un court instant. Son pouce caressa sa joue rugueuse tandis que sa seconde main longeait à présent sa nuque jusqu’à venir se poser à plat contre son torse. Du sang. Samson empestait le sang. Pas comme les fois où son gosier et ses lèvres en étaient remplis, non. A ce moment précis, tout son être semblait en être recouvert alors qu’il ne décelait vraisemblablement aucune marque rouge sur ses vêtements. Inconsciemment ses doigts se crispèrent fermement sur un bout de son t-shirt. En temps normal, seule l’excitation le parcourait chaque fois que Samson se montrait à lui les lèvres ensanglantées. Aujourd’hui une faim inexplicable s’insinuait en lui, comme celle ressentie face à une jugulaire appétissante. Le copieux repas qu’il avait ingurgité un peu plus tôt l’avait probablement empêché de s’attarder sur ce détail auparavant, tout comme son amour pour lui qui le faisait bêtement agir. « Qui es-tu ? » Lui demanda-t-il d’une voix froide, sans pour autant détacher l’emprise de ses doigts autour du bout de tissu. Il ignorait ce qui était en train de se dérouler présentement mais espérait recevoir une réponse très rapidement. Samson avait très certainement du trouver une méthode pour se jouer de lui dans le but de lui faire payer son absence. On ne pouvait pas du jour au lendemain revenir à la vie. Pour le coup, il lui devait une belle explication. Il ne doutait pas de l’identité de son interlocuteur. Comment le pourrait-il de toute manière ? Il n’existait pas deux personnes comme Samson. Son physique était bien trop singulier pour pouvoir le confondre avec un autre. Néanmoins, il ne pouvait se libérer de cette pointe de méfiance qui lui collait désagréablement à la peau. Il ne savait pas s’il devait se sentir amusé ou, au contraire, craindre la suite des événements. Il pataugeait totalement vers l’inconnu et la situation ne lui plaisait de toute évidence pas.

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MessageSujet: Re: And I'm somewhere in between [b.] Dim 18 Sep 2011 - 13:38

Jonah n’avait jamais cru au coup de foudre. Il ne l’avait jamais vécu après tout. Même avec celle qui était devenu son épouse. Ils s’étaient rencontrés au lycée et immédiatement, ils s’étaient plu de manière réciproque mais à aucun moment, il ne s’était agi de ce que les films et les chansons romantiques qualifient de coup de foudre. Evidement, il avait pu rencontrer par le passé des femmes à la beauté si époustouflante qu’il en avait le souffle coupé et n’avait pu détacher son regard de leurs courbes et de leurs traits parfaits. Mais là encore, il ne s’agissait pas à proprement parlé de coup de foudre mais plutôt de coup de foutre s’il fallait être vulgaire. Avec Micheal, il n’avait pas échappé à la règle et mis à part une immense surprise teintée à la fois de rancœur et de gratitude, il n’avait pas subi une sorte d’épiphanie en posant son regard sur le jeune homme. Pas davantage lorsqu’ils avaient discuté dans l’atmosphère chaleureuse et confortable du pavillon du scientifique. Ou lorsqu’ils avaient tout deux dormis dans le même lit et où Jonah avait subi un réveil des plus surprenants et embarrassants de son existence. Mais l’image du jeune homme, sa voix avaient continué de le hanter après l’avoir quitté. Et la jalousie mordante et viscérale qu’il avait ressentie lorsqu’il était aux prises avec ce vampire dont il devait sûrement être proche n’avait fait qu’accentuer ses doutes. Mais se tenant face à lui aujourd’hui, découvrant avec un délice surprenant les lèvres douces du jeune homme, il ne se faisait plus le moindre doute sur les sentiments qu’il ressentait pour Micheal. Ce n’était pas un coup de foudre, c’était mieux que ça. C’était durable, il le savait d’autant plus désormais que les sentiments étaient visiblement réciproques.

Le chasseur écossais sursauta légèrement lorsque Micheal se rapprocha rapidement de lui, prenant son visage entre ses mains afin de plonger son regard dans le sien et l’inspecter méticuleusement. Jonah le laissa faire, surpris de ce geste mais appréciant le contact de ses mains aussi glacées soient-elles sur son visage. Il ne pouvait cesser de s’émerveiller de la beauté qui irradiait du jeune homme et qui le captivait l’empêchant de détourner les yeux, contrairement à la dernière fois, et qui faisait naître en lui un sentiment d’appartenance et de désir qu’il avait un mal fou à combattre. Tout ce qu’il souhaitait en cet instant précis, c’était à nouveau s’emparer des lèvres de Micheal. Finalement, les mots que ce dernier prononça lui parvinrent dans son esprit embrumé et le secouèrent quelque peu. Fronçant les sourcils, il secoua la tête, ne comprenant pas où il voulait en venir et ouvrit la bouche comme pour répondre à la suspicion du scientifique mais rien n’en sortit lorsqu’il réalisa. Les traits un peu trop parfaits de Micheal avec ceux qu’il avait en souvenir ; aujourd’hui il était encore plus beau que dans son souvenir et il sentait au plus profond de lui que ça n’avait pas de sens. Sa coiffure était différente. Son regard se teintait d’une faim sombre. Il se demandait s’il percevait une respiration ; à cette distance, il aurait dû sentir sa respiration venir ricocher même très légèrement sur la sienne. Son cœur s’accéléra lors qu’il leva lui-même ses bras mais plutôt que de les poser sur le visage ou les mains de Micheal, il les posa sur ses poignets. A partir de ce moment, il ne pouvait plus reculer. Il ne pouvait plus nier.

D’un mouvement brusque, il arracha les mains du jeune homme toujours posées sur son visage et continua de lui encercler les poignets, de plus en plus fort, tandis qu’une tempête de colère se déchaînait dans tout son être et se dévoilait dans le creux de ses yeux verts étincelant de rage. « Qu’as-tu fait ?! » lui demanda-t-il d’un ton sec et froid. C’était la seule manière qu’il avait trouvé afin d’affronter la situation. Il était désormais évident ce qu’il n’avait pas remarqué au départ : Micheal était désormais un vampire, un de ces monstres sanguinaires dont il s’était évertué à défendre l’honneur lorsqu’il l’avait attaqué sur ce point, un de ces abominations de la nature que Jonah s’était fait pour mission de débarrasser la Terre. Comment avait-il pu lui faire ça ? Leur faire ça ? Manifestement, il avait des sentiments pour lui au vu de la réponse qu’il avait fourni à son baiser quelques instants auparavant. Or, il savait pertinemment qu’en devenant l’un des leurs, il allait irrémédiablement le perdre. A moins qu’il ne pensait déjà l’avoir perdu de manière irrémédiable au regard de la manière dont leur dernière rencontre s’était terminé. Néanmoins, même s’il savait qu’il était peut être en partie responsable, il ne pouvait empêcher les flots de colère dominer chacune de ses réactions et émotions. Il connaissait le responsable. « Pourquoi tu as fais ça ? » A la colère se mêlait désormais un désespoir qu’il ne cherchait plus à nier désormais. Ils avaient désormais dépassé ce stade. « Pourquoi tu l’as laissé te toucher ? Pourquoi ne pouvais-tu … »

Il dut s’interrompre tant la rage noire dans laquelle il se trouvait remontait le long de sa gorge la nouant et l’empêchant d’aligner deux paroles cohérentes. Il se détacha de Micheal et s’éloigna, ne pouvant s’empêcher de pousser un cri de rage. Afin d’évacuer sa colère et plutôt que de frapper le nouveau né, ce qui aurait été foncièrement une très mauvaise idée, tout Micheal qu’il soit, il donna un violent coup de poing dans le tronc d’un arbre. Il grimaça sous la violente douleur qu’il sentit remonter le long de son bras dans des fourmillements désagréables jusqu’à exploser dans sa tête, lui causant un aveuglement momentanée de quelques secondes. Il secoua son poigna et se força à agiter les doigts pour vérifier qu’il n’y avait rien de cassé, ne faisant guère attention aux petites ailes qui s’éloignaient furibondes de l’arbre considéré. Refusant de poser à nouveau son regard sur le jeune homme, ou plutôt l’abominable vampire, il reprit d’un ton un peu plus calme mais toujours aussi glacial. « Te rends tu compte des conséquences de ta décision ? » Portant son poing blessé contre sa poitrine et l’encerclant dans une manœuvre futile par son autre main, il se tourna enfin vers Micheal et planta son regard émeraude dans celui azur du jeune homme. Enfin, non, plutôt du vampire. « Tu as conscience de ce qu’il va se passer désormais … »

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MessageSujet: Re: And I'm somewhere in between [b.] Sam 24 Sep 2011 - 14:34

Plus les secondes s’égrenaient, moins la situation s’éclaircissait à sa vue pourtant bien plus évoluée que le commun des mortels. Cela n’avait aucun sens. Dans quel genre de sorcellerie s’était embarqué Samson ? Et depuis quand fréquentait-il les spécimens les plus excentriques et déséquilibrés de la race humaine ? Bleidd était sans doute supposé croire à une plaisanterie intelligemment orchestré, au lieu de cela il réalisait progressivement que le homme qui se tenait face à lui n’était rien d’autre qu’un parfait étranger à ses yeux. Etait-ce le véritable message à comprendre ? Samson cherchait-il à démontrer ses talents cachés de comédien ? Assurément pas. Il était un bien trop mauvais acteur pour cela. Il ne pouvait guère faire taire les flots d’émotions qui le traversaient au quotidien. Et quand bien même le faisait-il, l’Ecossais savait dissocier le vrai du faux dans la prunelle de ses yeux magnifiques. Son compagnon possédait un caractère sanguin et sanguinaire ; et c’était peu dire. Malgré tout, les émeraudes grâce auxquels il voyait le monde extérieur ne trahissaient personne – et encore moins Bleidd – quand on savait un minimum lire à travers eux. Seulement aujourd’hui, la tâche semblait plus ardue que d’habitude. Une constatation importante pouvait cependant être faite. Ce regard, il ne le connaissait absolument pas. Ce qui paraissait plus ou moins étrange quand on connaissait leur parcours commun de trois siècles. Une dureté certaine mêlée à une fragilité tenue secrète. Durant leur longue immortalité, Samson l’avait regardé de bien des façons mais celle-ci lui était étrangère. Il n’était pas contre un peu de nouveauté pour pimenter leur couple, bien au contraire, néanmoins il ne parvenait pas à pleinement se satisfaire d’une telle vue. Il aurait du se sentir content d’être en sa présence mais aussi étonnant que cela puisse paraître, il n’en était rien. Trop de facteurs extérieurs venaient obscurcir son raisonnement tout comme l’instant présent qui prenait une bien drôle de tournure.

L’épisode tendresse s’interrompit aussi vite qu’il était apparu. Il savait pertinemment que c’était lui qui y avait mis fin mais il ne pouvait décemment pas faire semblant plus longtemps en prétendant que tout allait bien entre eux. Ce n’était pas aussi simple et cela ne l’avait jamais été. Le geste, presque agressif, de Samson ne l’étonna pas plus que cela. D’ailleurs, il fut davantage intrigué par le manque de force de sa poigne destinée à l’éloigner de lui. Sans doute une manœuvre de sa part pour apaiser les esprits, chose qu’il ne faisait que très rarement lors de leurs disputes. Le vampire le laissa donc s’extérioriser – de toute évidence, il semblait en avoir besoin – sans toutefois comprendre où il voulait en venir. Cinq minutes auparavant, il le suppliait presque de le pardonner, et maintenant il l’accusait d’une chose qu’il ignorait ? Pour la toute première fois depuis le début de l’entrevue, il reconnaissait bien là le Wallander habituel. « Mais de quoi parles-tu, enfin ? » Demanda-t-il, excédé, les yeux légèrement plissés par l’incompréhension totale qui l’envahissait. De quoi le jugeait-il responsable ? Et qui était ce mystérieux « il » ? Samson délirait complètement. Il était le seul homme de son existence, même ses amis masculins ne dépassaient généralement pas le stade de la simple connaissance.

Toute cette situation était démente et le Hollandais promettait de très bientôt le rendre plus que fou en continuant de se comporter de manière aussi bizarre. S’il souhaitait lui donner une bonne leçon, alors l’histoire était réglée. Sa folie – qu’il espérait passagère – lui faisait définitivement peur. S’il voulait entendre des excuses correctes s’échapper d’entre ses lèvres, il jurait de les lui donner sur le champ s’il promettait d’arrêter ce cirque absurde. Mais apparemment, le grand brun ne semblait pas disposé à vouloir interrompre ici son petit manège. Il partit se refugier près d’un arbre qui fit aussitôt l’agréable rencontre de son poing. L’acte en lui-même n’aurait pas paru si étrange si le vampire n’avait pas exprimé cette douleur physique dont il était subitement la victime. « A quoi joues-tu ? » Se risqua-t-il alors d’une voix posée, bien trop perplexe pour se montrer agressif avec lui. « Quelle décision ? Je ne comprends pas un traître mot de ce que tu racontes… » Ses yeux d’un bleu électrique l’examinaient avec insistance et lui intimait de cesser cette mascarade qui ne l’amusait pas le moins du monde.

En plusieurs enjambées rapides, il se planta à nouveau devant lui. Avec douceur, il s’empara de sa main qu’il retenait contre son torse afin de lui montrer qu’il n’avait aucune raison de la dissimuler ainsi car elle ne pouvait être blessée. Il s’agissait là d’une logique que même un nouveau-né de trois jours comprendrait. Laissant parcourir ses doigts glacés sur son poignet, il le contraignit à déplier ses phalanges. Sous le poids de la surprise, Bleidd relâcha aussitôt la main sur laquelle un léger hématome prenait doucement forme. « Comment… » Dit-il avant de s’interrompre lui-même. Impossible. Il devait être plongé dans un douloureux rêve qui ne voulait vraisemblablement pas prendre fin. Sauf que son espèce n’était pas apte à plonger dans les bras douillets de Morphée. Néanmoins, au vu des circonstances particulières, il s’agissait là de l’explication la plus probable. « C’est plutôt à toi de m’expliquer ce qui se passe. » Reprit-il, affichant une mine inquiète. « Qu’est-ce que tu as fait Samson ? » Sa voix était d’une douceur inégalable, presque caressante, il ne pouvait en être autrement quand le bien-être de son âme sœur était en jeu. L’anormalité de la situation commençait fortement à le déranger. En décidant de tirer un trait sur cette histoire, il avait seulement voulu retrouver son compagnon de toujours et non pas un malade mental barbu – certes agréable à regarder – capable de contrôler la mort. Sa propre réflexion était d’une énormité monstrueuse et pathétique. Le fou, c’était lui en fait.

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MessageSujet: Re: And I'm somewhere in between [b.] Dim 25 Sep 2011 - 20:27

Si par extraordinaire, il n’était pas encore sorti de ses gonds, la manière dont lui répondit Micheal, le calme qu’il démontrait et l’indifférence latente à la violence de la douleur qui étreignait le cœur de Jonah, l’auraient exaspérer à un point tel qu’il n’aurait pas manqué de lui planter son poing dans la figure afin qu’il ne soit pas le seul à souffrir de la situation comme cela semblait être tellement le cas. Bon point pour Michael cependant que la main du chasseur soit en cet instant précis totalement hors d’usage. Il se rendit compte de la stupidité sans borne de ce qu’il venait de faire. Sa main allait être hors d’usage pour un temps déterminé et il était sans le moindre doute incapable de pouvoir se défendre dans l’hypothèse où il se trouverait en présence d’un être surnaturel. Il réalisa soudain être justement en présence d’un être surnaturel, encore que cette pensée lui fit monter la bile le long de sa gorge, le rendant nauséeux du fait de la colère sourde et noire qu’il ressentait pour le jeune homme. Il n’arrivait toujours pas à le croire. Il avait risqué sa vie pour lui en s’attaquant à un nouveau né qui n’avait pas manqué l’occasion de s’attaquer à lui en retour dans un but mortel. Il ne put empêcher une pointe de jalousie poindre et mordre son cœur à pleine dent, malgré le baiser échangé quelques instants plus tôt qui ne faisait aucun doute sur les sentiments que Micheal éprouvait pour lui. Il se jura de retrouver son créateur et de lui arracher le cœur de ses propres mains avant de le jeter au feu. Il ne put s’empêcher d’avoir un reniflement dédaigneux lorsque le jeune homme tenta de lui affirmer qu’il ignorait ce dont il l’accusait en cet instant précis. « Ne me prend pas pour un idiot. » Il secoua la tête, la colère noire lui permettant composer avec la douleur. « J’aurai vraiment dû te laisser avec lui. Tout ça pour rien. »

Lorsque Michael s’approcha et lui prit la main pour l’éloigner de sa poitrine et la tenir dans la sienne, le jeune homme ne put s’empêcher de frissonner violemment. Il ignorait si c’était en raison de la douleur qui fondait sur lui comme un oiseau de proie sur la souris, ou si c’était parce que les mains de Michael étaient aussi glaciales que la bise hivernale en pleine Sibérie, ou encore si c’était en raison des sentiments qu’il continuait de ressentir pour celui qui avait été son sauveur. Sans doute les trois à la fois. Il ferma les yeux et déglutit péniblement tandis que la douleur envahissait son champs de vision jusqu’à l’aveugler même. Il ne remarqua pas dans un premier temps la réaction de Michael, trop obnubilé par sa souffrance. Il prit garde de se concentrer tout d’abord sur sa respiration afin de calmer les battements effrénés de son cœur. Poussant une profonde expiration salvatrice, il resserra sa mâchoire, ouvrant les yeux. Plus les minutes s’égrenaient, moins la douleur était vivace. Il était sur le bon chemin. Son corps allait bien finir par faire ce qu’il avait à faire. Fronçant les sourcils, les mots de Michael lui parvinrent dans un fouillis inextricable et surtout sans la moindre signification. Dans les deux êtres vivants – enfin l’un plus que l’autre – en cet instant précis, ce n’était certes pas à Jonah de s’expliquer. Il n’avait rien fait lui et il n’avait certainement pas laisser les dents d’un animal s’approcher de son cou ou de tout autre partie de son corps qu’il ne préférait pas imaginer. Et vint le moment où …

« Samson ?! » Il se redressa immédiatement et s’éloigna ostensiblement de celui qu’il appelait Micheal dans son esprit depuis tout à l’heure. Et c’est comme si enfin, il ouvrait les yeux pour la toute première fois depuis qu’il avait croisé le chemin du vampire. Bien sûr, il ressemblait à Micheal plus que de raison. C’était lui après tout. Et les changements qu’il constatait désormais pouvaient très bien être mis sur le fait de son état vampirique mais il sentait pertinemment que cela n’avait rien à voir. Qu’il se trouvait en présence d’un individu qu’il ne connaissait pas. Soit Micheal souffrait d’un sérieux traumatisme crânien sélectif, soit il n’était pas celui qu’il pensait être. Secouant légèrement la tête, son regard détaillant l’apparence de celui qu’il pensait être son ami : « Qu’est ce qu’il te prend, Micheal ? » Le doute s’était insinué en lui mais il voulait en être certain avant de se rendre à l’évidence. Une évidence qui se dissimulait dans la coupe de cheveux différente. Dans le caractère un tantinet plus effacé alors qu’il aurait dû gagner en assurance si la fameuse transformation avait bien eu lieu. Dans le regard plus clair. Dans l’absence totale des imperfections qu’il avait appris à apprécier pour ne pas dire un autre mot qui l’impliquerait bien trop si l’individu qui se trouvait en face de lui n’était pas celui qu’il pensait être. C’était impossible, même si l’on disait qu’on pouvait avoir jusque 5 sosies dans le monde. Non. C’était nécessairement … « Quand est-ce qu’on s’est rencontré ? » lui demanda-t-il soudainement, le ton sec. Il avait besoin de savoir. Il devait savoir. « Tu t’en souviens ? Raconte moi. »

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