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Can you see me ? [Blodwyn/Ike]

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MessageSujet: Can you see me ? [Blodwyn/Ike] Mar 27 Sep 2011 - 14:52




    Elle m'apparaissait tel un ange, venue me délivrer, me guider vers un chemin plus salutaire, si tant est que les portes s'ouvrent à ma présence. Un éclat blanchâtre se dispersa sur mes rétines, alors que mes paupières tentaient bien laborieusement de s'écarter. Des murs opalins, une source de lumière trop abondante pour être réelle, une odeur désagréable que je ne connaissais pas, mais qui semblait éveillé en moi le repos éternel. Alors, le paradis s'ouvrait même à des types de mon espèce ? Dieu s'avérait finalement plus indulgent que je ne l'imaginais. Un sourire, que l'on jugerait sûrement idiot d'un point de vue extérieur, s'était alors finement déployé sur mes lèvres. Libéré. Afin de m'en assuré, je replace mon regard semi ouvert vers mon ange de tout à l'heure. Un nouvel éclat, marron cette fois-ci, me transperce alors le coeur. Les yeux de ma protectrice, d'une clarté rare, me fait l'effet d'une bombe. Des monceaux de souvenirs ressurgissent, et je ne tarde pas à me redresser violemment du lit sur laquelle j'étais allongé depuis tout à l'heure.
    Je n'étais pas au paradis. A contrario, je me considérais être dans ce qui ressemblait de plus près à l'enfer : Une chambre d'hôpital.

    Je me souviens maintenant de l'odeur excessive de sève, de ce soleil qui perçait la cime des arbres de ses traits sanguinolents, et de ce parterre de boue et de feuilles dans laquelle je restais paralysé. Du sang jaillissait de ma bouche, et ma respiration devenait anormale. Presque inexistante. Je me haïssais, à quelques pas de l'au-delà, d'avoir été aussi stupide. D'avoir pris aussi peu de précaution pour la traque d'un gibier aussi gros. Un vampire d'un âge poussé, à l'acuité intellectuelle impressionnante. J'aurai très bien pu faire de son sang mon prochain salaire. J'aurai très bien pu, si je n'avais pas eu l'inconsciente idée de partir après une bouteille de whisky, sans plan, ni mode opératoire. Un coup d'impulsivité, comme bon nombre de ceux qui ont régi ma vie. Et au fond, allongé misérablement sur le sol vaseux, je reconsidérais les raisons de ma démarche. Peut-être était ce que je recherchais, après tout. Notre dernière discussion, entre elle et moi, n'avait pas arrangée mes pulsions. Me jeter corps et âme dans cette chasse irréfléchie, était peut-être le seul remède trouvé pour échapper à la démence. La mort n'attendait plus. Je m'y était jeté tête baissée. Lorsque mon ange, cette fois-ci sous la forme d'une ombre imposante mais hâtive, était venue à mon secours. Je n'en sais pas plus. Du moins, je ne me souviens pas du reste. 'Juste de cette entaille douloureuse qui me saisissait l'estomac, et du ciel, qui devenait soudainement plus sombre.

    La respiration haletante, je visionnais la pièce dans tout ses recoins. Je sentais une présence, à mes côtés, tentant d'apaiser mon trouble. Mais en vain, je ne comprenais pas ce qui m'était arrivé, je ne savais pas où j'étais, et je n'avais qu'une seule envie : déguerpir d'ici au plus vite. Je ne tarde pas alors, dans un élan énergique, d'extirper les quelques tuyaux qui me rendait prisonnier d'une machine infernale, au bip strident. Négligent les conseils de la jeune femme, non loin de moi, je me retire de mon lit, décoré d'une blouse ridicule à carreaux blancs et noires.

    « Laissez-moi sortir d'ici ! … Arrgh ! qu'est-ce que ... »

    Une contraction me déchire l'abdomen, faisant de mes gestes un véritable supplice à accomplir. Mais ça ne m'empêchera pas de dégager. Le dos courbé, la main porté à l'épicentre de la douleur, je parcours quelques pas dans la chambre, alors que l'infirmière tente désespérément de me ramener à la raison. Je n'y prête pas attention, déterminé, mais chute lourdement au sol, lorsqu'un pincement féroce au ventre interrompu ma fuite. Saisi pas la douleur, je me cogne brusquement contre la porte fermé de la chambre, et achève ma volonté de vouloir me relever pour l'ouvrir, et partir. Assis, le dos écrasé contre la porte, le visage rongé par une grimace tordante, je fixe finalement la jeune femme présente depuis le début, qui s'était entre-temps accroupie en face de moi. Toujours martelé par une souffrance inconnu, je prend enfin le temps d'examiner son visage.
    Je ne la connaissais pas.
    Je crois que je ne la connaissais pas.
    Je la connaissais.

    « On … on c'est déjà vus ? »

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MessageSujet: Re: Can you see me ? [Blodwyn/Ike] Dim 9 Oct 2011 - 18:31


La première fois que je l’aperçue, c’était au McEwan, un lieu que j’avais l’habitude de fréquenter depuis quelques temps. Je m’y rendais après mon service de garde, me fichant bien de la mauvaise réputation qui collait à l’enseigne. J’y venais pour me vider l’esprit, pour voir d’autre visage que ceux des bons citoyens de Babylon. Toutefois, rien ne m’avait préparé à tomber sur celui-là en particulier. Il se trouvait en face de moi, à l’opposé du bar et je me demandais comment j’avais fait pour ne rien remarquer jusque là. Plus que surprise, je faillis tomber de mon tabouret à la rencontre du parquet en bois qui tapissait le sol. Je lâchais sans me rendre compte mon verre qui heurta le comptoir sans pour autant se briser. Le barman s’avança vers moi, un sourcil levé et interrogateur, avant de s’éloigner en haussant les épaules quand je le rassurais d’un simple geste de la main. Je reportais alors mon attention sur celui qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à Declan et qui n’avait pas bougé d’un pouce. Ainsi, il ne s’agissait pas de mon imagination qui me jouait des tours, il était bien réel, si proche. Les minutes passèrent sans que je puisse détaché mon regard du jeune homme qui ne remarqua pas mon manège, bien trop occupé à surveiller quelqu’un d’autre. Un vampire d’après l’odeur que dégageait l’inconnu lui même scotché, telle la sangsue qu’il était, à une rousse aux jambes interminables. Quand ce dernier quitta le bar avec sa future victime, il fut immédiatement suivi de celui qui m’intriguait tant. Me mordant la lèvre inférieure, les mains crispées sur mon sac à main, j’hésitais l’espace de quelques secondes avant de leur emboîter le pas le plus discrètement possible. Tout le long de la traque, je me répétais sans cesse à quel point j’étais folle, que le mieux à faire était de rentrer chez moi et tout de suite. Mais cela ne servit à rien car je ne pouvais pas. Non, pire que cela, je ne voulais pas. Comment aurais-je pu tourner les talons après pareille rencontre ? Impossible. Le vampire nous emmena à l’orée des bois, nous entrainant dans l’obscurité, loin de toute civilisation. Quelque chose clochait, je le sentais dans l’air sans que je puisse me l’expliquer. Mon malaise s’accentua alors que l’homme sans âge saisit violemment la chevelure dense de sa proie et l’envoya valser entre les arbres. Une seule explication possible, il nous avait repéré et probablement depuis un moment déjà. Merde.

Je l’observais à nouveau. Longuement. Sans oser m’approcher du lit sur lequel il était allongé. Son visage était à demi éclairé par la faible lueur qui filtrait à travers les stores baissés de la fenêtre. Debout, les bras serrés autour de mon corps, je me remémorais les évènements de la soirée. Cet inconnu qui ironiquement ne m’était pas si étranger que cela était définitivement humain. Je l’avais tout de suite compris grâce à son odeur mais quelque chose en moi refusait de le croire. Une infime conviction qui se brisa à la vue du sang s’écoulant de sa bouche et de sa plaie béante. J’avais perdu pied, tout contrôle de moi-même. Oubliant les risques, je m’étais précipitée tout en me transformant. M’avait-il vu faire ? Non. Mais je n’en étais pas certaine. J’avais combattu le vampire avec rage, le déchiquetant méticuleusement avant d’éloigner le chasseur en saisissant le revers de sa veste entre mes crocs. Je l’avais trainé jusqu’à la route puis l’avais emmené à l’hôpital en priant pour qu’il ne succombe pas. Je devais absolument lui parler, j’en avais besoin, je ne pouvais pas le laisser partir de cette façon. On frappa discrètement à la porte qui s’entrouvrit légèrement, je remerciais d’un signe de tête ma collègue qui venait me prévenir du début de mon service. Je sortis à pas de loup et me dirigeais vers les vestiaires où j’enfilais mon uniforme vert pomme. Lorsque vous avait déjà était obligé de porter du rose bonbon à longueur de journée, vous apprenez à fermer votre gueule et à apprécier les autres couleurs… J’assistais au débriefing en étant incapable de retenir quoique se soit, je passais devant sa chambre, je récupérais quelques dossiers, je passais devant sa chambre, j’allais prendre des nouvelles de plusieurs patients, je passais devant sa chambre, j’entrais. Blanc comme un linge, seule sa respiration régulière me rassurait et me confirmait qu’il était en vie. Je soupirais pour la dixième fois au moins et osais finalement franchir le mètre qui nous séparait. Il choisit de se réveiller au moment où je tendais ma main vers la sienne. Les machines s’emballèrent en même temps que son cœur et quand il se redressa vivement je fus incapable de trouver les bons mots pour l’apaiser. Je ne saisissais pas moi-même ce qui sortait de ma bouche et je le regardais quitter son lit, impuissante. « Laissez-moi sortir d'ici ! … Arrgh ! qu'est-ce que ... » La surprise fit place à l’agacement que je tentais de refouler pour ne pas envenimer la situation. « Calmez-vous, tout va bien... » Évidement, parler à un mur aurait eu plus d’impact. Il m’ignora superbement et fit quelques pas avant de se tordre sous l’effet de la douleur. Ce n’est que lorsqu’il s’écroula sur le sol qu’il consentit à m’accorder toute son attention. Agenouillée en face de lui, je croisais enfin son regard et en eu le souffle coupé. Une telle ressemblance était plus que troublante. « On … on s'est déjà vus ? » Si je pensais être déstabilisée, je le fus plus encore. Ma bouche s’ouvrit une première fois mais je ne su que répondre. Finalement, je repoussais mes souvenirs qui défilaient à toute allure devant mes yeux. Ce n'est Declan ma grande. Lentement, je saisis son bras et l’aidais à se relever. « Votre blessure s’est ouverte, il faut vous allonger. » Le voyant hésiter, j’ajoutais « S’il vous plaît. » En temps normal, avec un patient normal, j’aurais sans doute proféré des menaces, histoire de bien me faire comprendre. Mais je n’étais pas moi-même et je pestais mentalement pour cette raison. Doucement et avec milles précautions nous regagnâmes le lit. « Je vous ai trouvé à la lisière de la forêt. » Une fois la jeune homme à sa place je m’écartais le plus rapidement possible et frottais inconsciemment mes mains contre mon pantalon. J’avais la désagréable sensation qu’elles me brûlaient. « Vous avez deux côtes fêlées et une profonde entaille qui ne cicatrisera pas si vous ne vous reposez pas. » Le diagnostique débité, je pris le temps de respirer et saisit son dossier pour me donner une contenance. « Quel est votre nom ? » Une question que j’avais envie de poser depuis l’instant où je l’avais vu. « Je… On en a besoin pour les papiers. »

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MessageSujet: Re: Can you see me ? [Blodwyn/Ike] Jeu 20 Oct 2011 - 9:41

    Flot d'impressions se percutent dans mon esprit, dans une explosion nébuleuse. Je crois me remémorer des choses, mais ce ressenti n'est qu'une vision embrumée de la réalité, comme lors d'un lendemain de cuite, où cette foutue mémoire n'est plus qu'un amas de neurones déconnectés. Dans mon cas, cette bouteille de Jack' de la veille n'était pas l'unique fautive. J'ai côtoyé le ciel de près, et je ne savais pas pourquoi mon coeur battait encore. Je n'en savais rien, et je détestais ne pas savoir.
    Croiser son regard n'arrangea pas la phase de compréhension, par ailleurs. Je n'avais rarement aviser des yeux aussi clairs, et sombres à la fois. Ils dominaient nettement le caractère de son faciès, et m'en détacher m'apparaîssait impossible, tant une impression étrange me saisissait l'esprit. Une perception qui ne s'estompait pas, même à la vue de sa blouse verte, qui lui servait probablement de tenue de travail. Ike, espèce de crétin. Elle n'était qu'une simple infirmière, venue réparer tes conneries. Ton ange gardien ? Foutaise. Elle se préoccupait de ton cas, comme elle le faisait pour tout les patients de cet hôpital. « Votre blessure s'est ouverte, il faut vous allonger. » Je repense alors un instant à cette dîtes blessure, qui ne m'avait pas vraiment obsédé jusqu'à présent. Dès lors, je songe au vampire de la veille : Qu'était-il devenu ? Pourquoi ne m'avait-il pas achevé ? Un coup de main du bon Dieu ? Je suis athée.

    Réticent dans un premier temps, puisque pressé de quitter cet endroit au plus vite, nauséeux au simple fait de penser à un hôpital, je cède finalement aux recommandations de la jeune infirmière. Comme étrangement happé par cette voix douce et rassurante. Intrigué, et les nerfs soudainement lénifiés, j'accepte son aide, et profite du fait d'être appuyé sur son épaule pour jeter un bref coup d'oeil sur son insigne : Graham. Je ne dis rien, mais mémorise son nom, machinalement. Cédant à la douleur, je laisse mon corps se relâcher pleinement sur le lit, et vise le plafond un instant ; ne prenant pas la peine de remercier mon ange gardien, je l'interroge enfin pour élucider mes douloureux tourments. « Que m'est-il arrivé ? » Dis-je, d'une voix passible, plus contrôlée que celle de mes précédentes paroles. « Je vous ai trouvé à la lisière de la forêt. » Me répondit-elle, sobrement, sans plus d'explications. Pourquoi pas. Le fruit du hasard, sans doute. Mais plus les secondes défilèrent, moins je n'y croyais. En fait, je n'y croyais pas du tout. Mon don, mon intuition ne me trompait que trop rarement. Et c'est à cet instant, qu'une secousse sensorielle me fit tressaillir le coeur. Un souvenir inopiné se reforma sans raisons dans ma boîte crânienne, quoi que peu laconique, il semblait avoir réellement existé. Pourtant, je fis comme si de rien n'était, et hoche simplement la tête en guise de compréhension.

    « Vous avez deux côtes fêlées et une profonde entaille qui ne cicatrisera pas si vous ne vous reposez pas. » Entamant un effort considérable, bien que conscient de la gravité de ma blessure, je me redresse une nouvelle fois de ma position, avant de me mettre assis, sur le rebord du lit. Sans chercher le regard de l'infirmière, j'imaginais cependant son exaspération. Je lance alors, impérieusement « Je suis du genre casse-noix, comme patient. » Sourire aux lèvres, à demi crispé par la douleur, j'attrape ma veste laissée sur la chaise, près du lit. J'en sors, de la poche intérieur, une flasque de whisky. D'un geste volontaire, je la porte à mes lèvres et ingurgite une quantité suffisamment importante pour soigner le mal par le mal. Probablement excédée, la dénommé Graham persiste pourtant. « Quel est votre nom ? … Je … On en a besoin pour les papiers. » Je lâche mon regard de la fiole, et le projette vers la jolie jeune femme. Qui était-elle ?
    Toujours provocant, bien que mon sourire se dissimula peu à peu, je réponds, presque instantanément. « Faîtes comme si j'étais dans le coma, et que je ne pouvais pas répondre. » Sur ces mots, je me perds une nouvelle fois dans le flacon d'alcool. Chose qui n'était sûrement pas recommandé, dans mon cas. Mais ça ne m'importait pas le moins du monde. Une nouvelle grimace, avant d'arborer une mine plus froide, plus solennel. Une idée parcourait mon esprit, il était temps de la mettre sous les projecteurs. « Vous avez eu de la chance de me retrouver. Dans un coin aussi paumé, un cadavre a le temps de pourrir sans que personne ne s'en inquiète. » Conscient d'être peu concis dans mes explications, je saisi fermement le bras de l'infirmière, alors qu'une sensation étrange me parcourt subitement. Mon coeur s'emballe, mais je fais avec. Je transperce son regard, avant de finalement la sonder « Vous étiez au McEwan, hier soir, n'est-ce pas ? »

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