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Maybe redemption has stories to tell. [m]

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MessageSujet: Maybe redemption has stories to tell. [m] Mar 25 Oct 2011 - 15:26



Maybe forgiveness is right where you fell. Where can you run to escape from yourself ? Where you gonna go ? Salvation is here.

Jonah ne s’était pas retrouvé dans un tel état depuis la mort de Christina. Il avait perdu une fois de plus tous ses repères. Il ne savait plus distinguer le vrai du faux, le bas du haut, la gauche de la droite. Et il avait parfaitement conscience de l’élément déclencheur du flou ambiant qui régnait autour de lui. Tout avait commencé lorsqu’il avait été en quelque sorte ramené à la vie, tiré des eaux sombres et profondes dans lesquelles il se laissait volontairement coulé sans lutter pour sa survie, littéralement et métaphoriquement parlant. La rencontre avec Micheal avait changé toute son existence au-delà même de ce qu’il avait pu imaginer un jour, même après la mort de son épouse. A ses côtés, même de manière aussi superficiels que peuvent être des moments partagés un soir, un matin ou une heure, il s’était senti revivre progressivement. C’était comme s’il avait été endormi pendant de longs mois et attendait les lueurs du printemps pour se réveiller et fleurir à nouveau, oubliant tout ce qui avait pu se passer durant ces longs mois où il n’avait été que l’ombre de lui-même. Et pourtant, malgré tout ce qu’il lui avait apporté, malgré les promesses que l’avenir lui avait faites à nouveau, il avait tourné les talons et il avait pris un malin plaisir à détruire l’once d’apaisement qui s’était laissée devinée. Comme si sa seule solution était de souffrir jusqu’à ce que la mort ne vienne le délivrer de l’enfer dans lequel il s’était volontairement enfermé. Du moins jusqu’à ce qu’il ne rencontre Bleidd.

Cela faisait bien cinq minutes qu’il se trouvait devant le petit pavillon qui appartenait à Micheal. La descendance de Bleidd. Rien que d’y penser il en avait encore des frissons. Combien y avait-il d’habitants à Babylon ? Des milliers ? Des millions. Et combien y avait-il de chance qu’il tombe sur l’aïeul du jeune homme qui lui avait sauvé la vie quelques jours auparavant et avait éclairé son existence d’une toute autre manière, ruinant tout ce qu’il avait pu imaginer auparavant. Et combien y avait-il de chance que l’histoire ne se répète une fois de plus comme le vampire lui avait laissé entendre ? Il n’arrivait toujours pas à croire ce que ces derniers jours lui avaient réservé. C’était au-delà de l’imaginable. Mais après tout, vivre dans un monde où évoluent des vampires, des fées et des sirènes, qu’est-ce qui n’était plus imaginable de nos jours ? Il expira profondément avant d’allumer sa cigarette et de se détourner. Avait-il raison de venir ? Avait-il même le droit d’être ici après ce qu’il s’était passé durant leur dernière rencontre ? Peut être qu’à cause de lui, il avait même été viré et voilà qu’il entendait débarquer de nouveau dans sa vie et lui annoncer, lui avouer des choses qui allaient bouleverser son univers.

« Je peux vous aider ? » Le jeune homme porta son attention sur une femme âgée d’environ 60 ans et qui le regardait avec suspicion, resserrant les pans de son chandail sur elle, un petit chien nerveux et particulièrement agressif sur ses talons. « Pardon ? » Il laissa tomber la cendre de sa cigarette et expira la fumée de côté afin d’éviter qu’elle ne se dirige directement vers la nouvelle venue. Les yeux de la grand-mère se fendirent alors qu’elle tentait visiblement de découvrir ses intentions. « Je peux vous aider ? » Finalement, il comprit où il voulait en venir. Le quartier était davantage résidentiel et il était loin d’un quelconque point de rendez-vous. Vu son allure, elle devait sûrement le prendre pour un voleur en repérage, ou même pire pensa-t-il en remarquant le crucifix qu’elle portait bien en évidence autour de son cou. Parfaitement inutile mais les stéréotypes avaient la vie dure. Il secoua négativement la tête. « Je suis un ami de Micheal. Je voulais … » Il montra sa cigarette sur laquelle il tira une dernière bouffée avant de la laisser retomber au sol. Il gratifia à la méfiante voisine un sourire avant de la saluer de la main et de se diriger l’air de rien vers la porte dudit jeune homme. Il n’avait plus le choix que de sonner maintenant. Il sentait ses yeux sur elle.

Il prit une profonde inspiration et se décida à toquer à la porte, la main tremblante. Il n’avait jamais été aussi nerveux et anxieux de toute existence. Même lorsqu’il avait ramené l’expulsion de quelques jours de l’école à ses parents. Même lorsqu’il avait participé à cette compétition équine. Même lorsqu’il avait demandé la main de Christina. Mais toute son anxiété et sa peur s’évaporèrent lorsque la porte s’ouvrit dévoilant le jeune homme qui n’avait cessé de le hanter depuis leur rencontre sans qu’il ne s’en rende compte jusque dernièrement. Son cœur bondit dans sa poitrine et ses lèvres le picotèrent, ayant une soudaine envie de les plaquer contre les siennes. Mais il y avait peu de chance qu’il ne réagisse comme son arrière-grand père. Surtout après qu’il lui ait parlé de cet arrière grand père, justement. « Hey. » tenta-t-il maladroitement et clairement mal à l’aise. Il enfonça les mains dans les poches de son jean, son regard fuyant vers la droite plutôt que le bleu bien trop clair et bien trop troublant du regard de Micheal. « Je dois te parler. »

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Dernière édition par Jonah Rainsborough le Dim 13 Nov 2011 - 14:10, édité 2 fois

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MessageSujet: Re: Maybe redemption has stories to tell. [m] Mar 25 Oct 2011 - 16:25


Up in flames
We have slowly gone


Sa décision était prise, irrévocable. Danny avait tant bien que mal essayé de raisonner son ami, mais rien n’avait su le convaincre. Il lui fallait fuir. C’était sa seule et unique chance de survie. Mìcheal s’était laissé quelques jours pour vérifier que tout cela n’était pas une impulsion et plus le temps passait, plus il était persuadé que cette solution était la plus à même de le guérir. Son sommeil ne revenait pas. Sa peur du noir ne disparaissait pas. Au regard de son désintérêt, son chien dépérissait autant que son maître. Alors pourquoi continuer à s’infliger ce genre de supplice ? Quel homme ferait ce genre de chose ?

Les cartons s’empilaient, doucement mais sûrement. Voir ce pavillon dans lequel il avait passé de nombreuses années se vider le rendait triste, mais ne le faisait pas changer d’avis pour autant. Tout était prêt, à commencer par lui, il était trop tard pour tourner les talons. De toute manière, il n’en avait pas la moindre envie. Ses adieux à son seul ami valable étaient faits, brefs, presque trop étant donné le type de relation qu’ils entretenaient. Sa lettre de démission se tenait au chaud dans sa poche, et il la déposerait en route. Un poste se libérait dans un mois à Boston dans une clinique privée, et on le lui avait promis en échange d’un salaire de misère. Inutile de dire qu’il ne s’était pas fait prier et avait accepté comme si c’était là sa dernière chance.

Méthodiquement, il pliait ses vêtements dans une valise qui n’avait jamais vraiment servie. Les voyages n’étaient pas son fort à vrai dire. Mais seuls les imbéciles ne changeaient pas d’avis. Et il avait décidé d’arrêter d’être un imbécile. Au passage, il triait l’utile de ce qu’il l’était moins, et s’arrêta avec émotion alors qu’il tenait entre ses doigts tremblants un jean. Un jean somme toute banal, capable de tenir encore de longues années avant de s’effilocher ou de laisser un trou transpercer le tissu. Mais à ce jean était attaché un souvenir trop intense. Celui là même qui l’avait porté dernièrement était celui qui le poussait à fuir d’ici, révélant ainsi cette lâcheté qu’il méprisait tant. Machinalement, ses doigts agrippèrent le tissu avec force tandis qu’il fermait les yeux pour tenter de retrouver un semblant de respiration. Au bout de minutes interminables, d’un geste incertain, il lâcha le pantalon dans la pile des indésirables. Car à quoi bon tout vouloir changer s’il n’était même pas capable de se débarrasser d’un bout de chiffon ?

Contemplant le vide de son armoire, il s’étala sur son lit encore fait et se prit la tête dans les mains. L’image furtive de sa mère lui vint à l’esprit, comme c’était souvent le cas ces derniers temps. Et toujours la même question irrésolue : aurait-elle apprécié ce qu’était devenu son fils ? Aurait-elle été fière d’avoir engendré un tel couard ? Il n’avait jamais été courageux. Elle lui avait montré l’exemple, et il avait été incapable de la suivre, de lui faire honneur. Sans doute méritait-il de s’être vu privé de pouvoirs finalement.

Il sursauta en entendant quelqu’un frapper à la porte. C’était plus qu’étonnant. Personne ne venait jamais lui rendre visite, à part Danny. Et ces deux-là s’étaient bien mis d’accord, la soirée d’hier avait tenu lieu de pot de départ et point final. Non, ce ne pouvait être Danny. Peut-être bien cette curieuse voisine qui avait pu l’apercevoir faire ses cartons dans le salon ce matin. Se disant que c’était la dernière fois qu’il aurait à converser avec elle, il se laissa porter jusque la porte d’entrée, l’ouvrant sans même jeter un coup d’œil à travers le judas. A vrai dire, il ne s’attendait pas à se retrouver nez à ne avec lui.

C’était bien la dernière personne à laquelle il s’était attendu. Il ne s’était même pas imaginé une seule seconde le revoir sur ce porche. L’espace de quelques secondes, il oublia de respira. Masquer sa surprise lui était impensable tellement il était choqué. Jonah. Au prix d’un effort insurmontable, il parvint à bloquer la barrière de larmes qui crevait d’envie de monter jusqu’à ses yeux étonnés. S’il lui avait fallu décrire ces sentiments à cet instant précis, il en aurait été incapable. Devait-il se réjouir ou au contraire attendre une dernière pique de méchanceté qui viendrait lui crever le cœur ? Aucun indice clair ne parvenait à lui donner une réponse. L’écossais semblait mal à l’aise, autant que Mìcheal qui ne parvenait même pas à répondre à son salut. En fait, il n’osait même pas le regarder dans les yeux alors que le futur exilé ne parvenait pas à détacher son regard de la silhouette massive qui avait hanté ses nuits depuis l’incident. Etait-ce par honte ou par dégoût que cette force de la nature préférait se dérober ainsi ? Se souvenant parfaitement de son visage la dernière fois qu’il l’avait vu, il opta pour le dégoût et sentit son cœur se comprimer encore un peu plus.

Comprenant qu’il lui fallait se blinder pour éviter une trop grande souffrance, le frêle écossais ne savait pas comment réagir. Jamais de sa vie il n’avait senti pareil tiraillement, entre l’envie de lui claquer la porte au nez et celle de l’entraîner à l’intérieur avec fougue. Aucun de ces deux comportements ne lui ressemblait. Aussi rassembla t’il tous ses efforts pour parvenir à sortir une phrase cohérente et presque dénuée d’émotions.
    « Tu ne penses pas en avoir assez dit ? »
Tout du moins, il aurait aimé qu’elle soit dénuée d’émotions. Car on sentait bien la colère poindre, mêlée à une énorme part de déception et d’abattement. Aucun des trois ne parvenait à prendre le dessus, et c’était bien résumer le bordel qui chamboulait tout l’être de Mìcheal à cet instant.

Pourtant, il savait que s’il le laissait partir sans écouter ce qu’il avait à dire, il le regretterait toute sa vie. Et des regrets, il en avait tellement qu’un de plus serait sans doute celui de trop. Il ferma les yeux un court moment, puis soupira de résignation avant de s’écarter de la porte pour le laisser passer. Le petit couloir du salon était encombré de piles de cartons parfaitement instables, et il ne songea pas un seul instant à ce qu’il pourrait bien répondre si Jonah lui demandait ce qu’ils faisaient là. A près tout, cela ne le regardait pas, n’est-ce pas ? Ou bien peut-être était-ce tout le contraire.

Fermant la porte derrière lui, il le suivit à bonne distance jusqu’au salon en désordre et attrapa au passage un paquet de cigarettes qui trainait sur l’un des derniers meubles restants. Gérer le stress par la nicotine était un acte bien irraisonnable et vain, mais c’était la seule solution qu’il trouvait pour gérer les tremblements incontrôlables qui tétanisaient ses genoux. L’allumant, il leva alors les yeux et remarqua que Jonah lui faisait face. Il n’était pas prêt et contint u long moment la fumée avant de la relâcher, totalement absorbé par le magnétisme de Jonah. Cette impression tellement agréable qui lui causait aujourd’hui bien des tourments. Pourquoi avait-il fallu qu’il revienne ?

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MessageSujet: Re: Maybe redemption has stories to tell. [m] Mar 25 Oct 2011 - 21:37

Il ignorait comment il parvenait à se tenir sur ses jambes bien calées alors qu’il n’avait qu’une envie : fermer l’espace qui existait entre eux, glisser sa main le long du cou du jeune homme et déposer ses lèvres contre les siennes dans un premier baiser chaste et timide. Comme une demande d’autorisation d’aller plus loin. Mais il ne pouvait pas. Pas après ce qu’il s’était passé entre eux et ces derniers jours. Il lui en demanderait de trop. C’était plus facile de détourner les yeux, de faire comme s’il parlait à une vague connaissance et pas à cette personne qui était parvenue à le toucher comme jamais aucune autre auparavant et qui l’avait compris d’une certaine manière alors même que ses plus proches n’avaient jamais pu approcher ne serait-ce que du doigt ses sentiments. Il sentait le regard azur de Micheal se poser sur lui et ne plus le lâcher. Il devinait l’étude à laquelle il était soumis par ce dernier et le laissait faire, sans prendre la peine de relever l’incongruité de la situation. C’était le moins qu’il pouvait faire après le désastre du laboratoire. Mais il ne pouvait nier les frissons qu’il sentait parcourir le long de son échine dorsale et dans chacun de ses membres en sachant qu’il le regardait, non le scrutait. Savoir que les yeux du jeune homme se posaient à nouveau sur lui lui causait une joie immense et sans pareille. Tout autant que stupide en y réfléchissant bien. Il reprit sa respiration aux propos de Micheal, se rendant compte que depuis qu’il avait ouvert la porte, il avait oublié de respirer.

Il porta sa main à sa tempe et se la gratta, encore plus mal à l’aise qu’auparavant. Il avait été cruel avec lui alors qu’il s’était quasiment sacrifié pour lui ou pour le vampire mais qu’importe après tout. Les choses n’étaient jamais aussi simples que pouvaient laisser penser leur apparence. S’il avait bien appris quelque chose de sa rencontre avec Bleidd, c’était bien ça. Il se racla la gorge, craignant que sa voix ne soit rendue rauque par l’émotion de se retrouver ici. Il trouva finalement la force de relever la tête et de planter son regard dans celui de l’écossais, le gratifiant d’un bien pâle sourire. C’était la première fois qu’il le regardait depuis qu’il avait ouvert la porte. La première fois qu’il le voyait depuis l’incident. Et il se rendit soudainement compte de son absurdité d’il y a quelques jours. Comment avait-il pu confondre le vampire avec lui ? Bien sûr, Bleidd possédait cette aura surnaturelle qui le rendait irrésistible et magnétique, sans qu’on s’en rende vraiment compte. Mais Micheal était bien plus beau. Il y avait chez lui cette détermination qui aurait pu être sombre mais qu’il ne voyait pas de cette manière. Il irradiait du jeune homme une force et un magnétisme tellement différent, plus vivant, plus éclatant, plus inévitable. Les mots restèrent coincées dans sa gorge et son cerveau se figea, incapable de sortir une quelconque pensée cohérente.

Il hocha la tête et pénétra à l’intérieur du pavillon lorsque Micheal ouvrit plus avant la porte et s’effaça pour le laisser passer. « Merci. » murmura-t-il au passage dans un souffle. Il rentra les mains dans les poches de son jean et poursuivit tout en continuant d’avancer dans le petit couloir, jonché de cartons. « Je voudrais avant tout m’excuser pour … » Parvenu dans le salon, il se coupa dans son élan et fronça les sourcils en remarquant que les cartons avaient envahis la pièce. Des cartons dont il ne se souvenait pas la dernière fois qu’il avait mis les pieds ici. Des cartons de déménagement. Son cœur se mit à battre à une allure folle et il sentit un voile de sueur s’installer sur son front et dans le creux de sa nuque. Il prit une inspiration surprise en regardant autour de lui. Des cartons. Partout des cartons. « Tu pars ? » Il ne put empêcher la pointe de panique dans sa voix d’habitude si calme et mesurée. Il se retourna d’un geste brusque vers Micheal qui avait, à son tour, pénétrer les lieux et allumait avec désinvolture une cigarette, sans lui accorder guère plus d’attention. Il fit un pas vers lui, secouant négativement la tête et les paroles continuèrent de se bousculer à la sortie de sa bouche, s’échappant avant même que son cerveau ne mette un filtre sur ces dernières. « Tu ne peux pas partir. Tu ne peux pas … » … me laisser.

Il s’arrêta heureusement avant de dire tout haut l’irréparable. Fébrile, il se détourna de Micheal et se passa une main sur les yeux puis dans les cheveux. Il ne voulait pas qu’il parte. Il ne voulait certainement pas qu’il sorte de son existence alors qu’il était revenu frapper à sa porte. Il voulait conserver Micheal dans son existence. Même en tant que simple ami. même au détour d’une rue s’il ne voulait plus le voir et ne le supportait plus après ce qu’il avait fait. Il comprendrait. Mais il ne supportait pas l’idée de savoir qu’il ne serait plus dans la même ville que lui. Il avait besoin de ce hasard qui pourrait les faire tomber l’un sur l’autre, aussi infime soit cette chance. Mais avait-il le droit d’être égoïste ? Il ferma les yeux quelques instants. Ce qu’il avait en tête depuis qu’il était revenu vers lui se dissipait progressivement. Il n’avait pas le droit d’interférer dans son existence une fois de plus et de cette manière. Il devait le laisser avancer. Quelqu’en soient ses raisons. Prenant une profonde inspiration, il rouvrit les yeux et se forgea une nouvelle composition sur son visage. « Bref. Je venais m’excuser pour le comportement que j’ai adopté à ton égard et à son égard. J’ai été trop loin et je te demande de me pardonner. Je n’aurai jamais dû intervenir de cette manière. J’espère qu’un jour tu pourras … » Il se tut et haussa les épaules avant de reprendre d’un ton faussement léger. « Tu pars quand ? » Il était nerveux de nouveau. Il avait peur de sa réponse et il avait peur qu’il ne remarque son angoisse.

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MessageSujet: Re: Maybe redemption has stories to tell. [m] Mar 25 Oct 2011 - 23:50

Volontairement, Micheal n'avait pas relevé la remarque de Jonah sur son futur départ. A vrai dire, voir que cela l'affectait lui avait donné comme l'impression d'avoir un poignard qui s'enfonçait lentement dans ce qui lui servait habituellement de coeur. Depuis pourtant plusieurs jours, le muscle semblait comme mort ou plutôt à l'agonie, vacillant entre palpitations et rythme proche de zéro. Sa lente renaissance était désormais douloureuse, mais apaisante. Rassurante. Des adjectifs qui qualifiaient bien ce qu'il ressentait en la présence de Jonah. En vérité, il n'avait surtout pas su quoi répondre à ça. Il ne pouvait pas partir ? Et qui donc avait érigé cette règle ? La seule liberté dont il semblait pourtant disposer, c'était le choix de s'enfuir. Décider au moins un peu de la teneur de sa destinée. Et ça n'était pas sa présence quasi miraculeuse sur le seuil de sa porte qui y changerait quelque chose.

Bien que tout son être semblait être sur le point de s'effondrer, Micheal rassembla toutes les maigres forces qu'il pouvait pour faire front. Il ne pouvait pas faire confiance Jonah, il l'avait appris à ses dépens. Il s'interdisait de revivre la semaine d'enfer qui s'était déroulé sans qu'il puisse y faire quoi que ce soit. Cette personne là, ça n'était pas lui, tout juste l'ombre d'un homme abattu et faible. Il n'aimait pas se savoir comme ça. Et il s'était juré, en prenant la décision de partir, de ne plus jamais revivre ça, coute que coute. Et au risque que plus personne ne puisse avoir accès à ce qu'il avait de plus secret. L'écossais n'avait jamais été un être très social. Il n'y avait pas de raison que ça change. Observant un court instant le nuage de fumée qui s'échappait de ses lèvres, il revint malgré lui sur le visage de Jonah. Il semblait terriblement mal à l'aise, contrastant ainsi avec son attitude de la dernière fois. Micheal n'avait pas réussi à oublier sa froideur, l'implacable ton de sa voix quand il lui avait annoncé que tout ce qui se rapportait désormais à lui ne le concernait plus. Dans un effort surhumain, le scientifique fit en sorte d'être le plus glacial pour lui. Sans doute était-ce cruel. Mais c'était là le seul moyen pour lui de se protéger de l'inévitable.
    « Mon bail a pris fin il y a deux mois. Qu'est-ce que tu veux Jonah ? »
Prononcer son prénom lui infligea une telle peine qu'il aurait aimé être assis. Pourtant, sans comprendre comment il y parvenait, il ne détachait pas son regard de celui de son interlocuteur. C'était l'affrontement final, celui qui viendrait clore une bonne fois pour toute le chapitre des deux écossais. Car après, il partirait, et rien ne pouvait changer ça. S'il y avait bien une chose qu'il revendiquait, c'était son courage au sein même de sa lâcheté. Revenir en arrière serait une nouvelle preuve de son inconstance et de sa faiblesse. La cigarette se consumait à une vitesse folle tant il ne pouvait masquer son stress derrière toute cette fausse désinvolture. La vérité, c'était qu'il ne parvenait pas à déchiffrer le comportement de Jonah. Son instinct lui dictait la méfiance, pourtant il sentait que quelque chose ne tournait pas rond. Jonah ne serait pas revenu sans une raison valable, et encore moins pour l'enfoncer. Son caractère impétueux et son apparente arrogance l'auraient empêché de revenir le hanter s'il était toujours empli de dégoût envers lui. Mais la carapace blindée de Micheal l'empêchait de voir la vérité.

Jonah ferma les yeux et alors, Micheal s'autorisa un court instant de faiblesse. A bout de souffle, un rideau de larmes vint troubler la limpidité de son regard et l'une d'entre elle vint même s'écraser contre sa joue. D'un geste rapide, il en effaça la trace et fit en sorte de retrouver une contenance. Il était loin de se douter des paroles qu'allait prononcer l'objet de tous ses tourments. Il lui fut impossible de faire disparaître son émotion en un tour de main tandis qu'il écoutait chaque mot, buvait chaque parole qu'il avait rêvé d'entendre depuis ce jour maudit. Prêt à craquer, il se retourna pour éteindre sa cigarette et étouffer un sanglot. En quelques secondes, il puisa au fond de lui les quelques ressources dont il disposait. Elles étaient maigres. Tout ce qu'il avait envie de lui dire là, maintenant, c'était qu'il lui avait déjà pardonné à l'instant où il avait croisé l'éclair de son regard vert en ouvrant la porte. Mais sa fierté et sa pudeur l'en empêchait. Et puis quoi encore ? Lui donner le flingue pour lui tirer en plein coeur ? Plus jamais. Il se raccrocha alors à la seule chose qui lui restait : sa décision.
    « Dans la soirée. Il me reste encore quelques cartons et je prends la route. »
Il ne s'était toujours pas retourné, parvenant à maîtriser les trémolos de sa voix mais bien incapable d'assécher ses yeux meurtris par la seule vision de Jonah se confondant en excuses. Il ne voyait pas d'issue possible, à part lui tourner le dos le temps de trouver une solution qui tardait à venir. C'était puéril. C'était tout ce qu'il n'aimait pas être. Alors, sans même réfléchir, il sentit une émotion puissante monter en lui. Violente presque. Et soudain, il fit face à Jonah, s'approchant même de quelques pas de lui, n'essayant même pas de masquer les larmes qui bordaient sa paupière.
    « Je t'ai sauvé. J'ai plongé dans un lac glacial pour toi, simplement parce que j'ai suivi une intuition dans un de mes rêves. J'aurais pu mourir, on aurait pu mourir tous les deux, bouffés par une sirène ou tétanisés par l'eau gelée ! Je t'ai accueilli chez moi, j'ai fait tout ce qu'un homme bien fait dans une situation pareille, et même plus encore ! J'ai été jusqu'à entailler ma propre veine pour t'épargner, et je n'ai récolté que des sermons. Et tu sais le pire dans tout ça ? C'est que je n'ai pas regretté une putain de minute ce rêve qui m'a conduit jusqu'au lac. »
Epuisé par cette longue tirade où il avait enfin pu laisser s'exprimer ce qu'il contenait depuis des jours, il s'effondra sur son fauteuil recouvert par un drap en vu du déménagement à venir. Il appuya sa tête qui laissait poindre une migraine contre le dossier et ferma un instant les yeux. Sa main droite passa machinalement sur la cicatrice de son coude, comme si évoquer l'incident avait rouvert la blessure.
    « Ton pardon n'est pas suffisant, Jonah. Tu es totalement brisé, et j'ai été idiot de croire un instant que je pouvais réparer ne serait-ce qu'un peu les dégâts. Au lieu de ça, je suis tout fracassé moi aussi. A tel point que ... »
Je pars . Je refuse de te pardonner car je ne te reproche rien. Et je sais qu'aussi loin que j'irais, je ne t'oublierai pas. Au lieu de ça, le silence. Les mots restaient coincés dans sa gorge, car il savait que les sortir ferait trop de mal. Il resta donc immobile, rouvrant ses yeux bouleversés sur la massive silhouette du seul homme à jamais lui avoir renversé la tête comme ça.

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MessageSujet: Re: Maybe redemption has stories to tell. [m] Jeu 27 Oct 2011 - 14:29

Il n’avait jamais expérimenté l’expression de se prendre des claques, métaphoriquement parlant. C’était désormais chose faite lorsque Micheal lui indiqua qu’il envisageait de partir dès ce soir. Une fois de plus, un instinct primaire fondit sur Jonah et consistait à lui nier le droit de s’éloigner et de s’évaporer où il ne pourrait sans doute jamais le retrouver. D’où tirait-il le droit de lui dire ce qu’il devait faire et de lui interdire ce qu’il ne devait pas faire ? Il n’était pas de sa famille. Ils n’étaient pas en couple. Ils n’étaient pas amants. Ils n’étaient même pas amis en fin de compte. Jonah ne représentait rien pour lui, moins encore après ce qu’il s’était passé entre eux lors de leur dernière rencontre. Il ravala à la dernière minute les propos qu’il voulait lui lancer, les paroles pour le faire rester et qui n’avait pas le moindre sens. Fort heureusement pour lui, Micheal avait résolument détourné le regard et se maintenait dos tourné permettant à Jonah de ne pas s’inquiéter des ombres qui passaient sur son visage et qui ne laissaient aucun doute sur sa réaction à l’éventuelle perte de ce qu’il y avait entre eux, quel qu’il soit. Il soupira profondément et entreprit de lui demander où il partait, si par extraordinaire il acceptait de le lui révéler, encore qu’il pouvait tout à fait éviter, mais il le coupa en plein élan de par sa violente diatribe. Il ne pouvait nier. Tout ce que Micheal lui lançait était la vérité. Il flancha légèrement lorsqu’il lui confirma ce qu’il espérait déjà en secret : c’était lui qu’il avait voulu sauver et pas le vampire. Baissant les yeux, détournant le regard, il le laissa terminer sans dire un mot. Se mordant la lèvre inférieure, il ferma douloureusement les yeux. Il ne regrettait rien non plus. Il aurait aimé juste que les choses se passent différemment entre eux. Il aurait aimé ouvrir les yeux plus tôt et avoir agi en conséquence. Mais maintenant, c’était sans doute trop tard. Micheal le haïssait. Micheal partait.

Il l’observa se laisser tomber sur le sofa en silence et ne releva pas le moindre mot, ne fit pas le moindre geste durant de longues secondes, ne sachant quelle attitude adopter. Son cœur se serra davantage devant l’aveuglante et horrible vérité qui sortait de sa bouche. Il corrompait tout ce qu’il touchait, tout ce qui l’approchait. Il était comme un trou noir qui absorbait toute vie autour pour se nourrir et la faire disparaître dans ses abysses. Il se racla finalement la gorge et dans un murmure, presqu’un souffle, il reprit la parole à son tour : « Je me rends compte que je ne t’ai jamais remercié pour ça. » Secouant la force et la volonté qu’il avait en lui, il se rapprocha de Micheal, assis sur le sofa, là où il s’était trouvé quelques jours plus tôt et s’installa face à lui, s’asseyant sur la table basse, posant ses bras sur ses genoux et joignant ses mains en les frottant comme pour les réchauffer. Il planta finalement son regard émeraude dans celui du jeune homme et poursuivit d’un ton apaisé. Il était décidé à le laisser partir s’il le voulait, si c’était ce dont il avait le plus besoin. Il ne pouvait pas l’attirer dans ses ténèbres. Il ne pouvait pas agir comme ceux qu’il avait entrepris d’exterminer. « Tu m’as sauvé, Micheal. Tu m’as tiré de l’emprise mortelle d’une sirène alors que j’étais sur le point de me noyer. Tu t’es sacrifié pour me retirer de la fin inéluctable qui m’attendait entre les crocs d’un vampire. Et je ne te remercierai jamais assez pour ça. Mourir avant de te rencontrer ne me gênait pas plus que ça. Les choses sont différentes maintenant. »

Il s’arrêta. Son cœur battait la chamade et les paumes de ses mains suintaient tant il était nerveux de ce qu’il était sur le point d’avouer. C’était le moment. Le seul. Le dernier. « Mais tu m’as sauvé également en me redonnant goût à la vie. En me faisant prendre conscience qu’il y avait du bon dans ce monde, autant que du mauvais. En me redonnant une lueur d’espoir. Tu m’as tiré des ténèbres, Micheal. Et pour ça, je pense que je ne trouverai jamais le moyen pour te dire combien je suis reconnaissant. Jamais je ne trouverai les mots. Jamais je ne trouverai les gestes. Tu mérites d’être heureux, Micheal. Et si pour ça, tu dois partir, je veux bien même t’aider à faire tes bagages. » Il lui adressa un ultime sourire. « Et tu pourras tout oublier de moi et de mes démons. Plus jamais je ne viendrai interférer dans ta vie. » Il pesa le pour et le contre. Devait-il l’ennuyer avec son aïeul alors que Micheal avait décidé de commencer une toute nouvelle vie, à aller de l’avant. Non, il n’avait pas le droit. Aussi sympathique que Bleidd soit, Jonah allait faire en sorte que l’arrière petit-fils ne rencontre jamais celui dont il descendait si c’était ce qu’il voulait. Il ferait tout ce qui lui était possible pour lui assurer un véritable nouveau départ.

Il lui fit un signe de la tête et se leva, s’éloignant du jeune homme. C’était la meilleure solution pour eux deux. Il s’arrêta cependant en chemin, son cerveau fonctionnant à toute allure. Il n’avait pas été au bout des choses et il savait qu’il allait le regretter jusqu’à la fin de ses jours, qui était sans doute proche s’il continuait de mener son existence de cette manière. « Il y a juste une chose … » Il se retourna et jeta un coup d’œil par-dessus son épaule pour observer Micheal, toujours installé sur le divan. Prenant son courage à deux mains, il revint vers lui en deux enjambées, glissa sa jambe entre les cuisses du jeune homme afin de prendre appui sur le sofa, prit le visage de Micheal en coupe et déposa ses lèvres sur les siennes. La sensation douce des lèvres de Micheal contre les siennes causèrent un feu d’artifice dans chacune des particules de son corps, explosant dans son cœur, dans son cerveau, dans son estomac et plus au sud. Le contact de la peau de Micheal contre ses doigts les lui brûla. Un souffle de vent aurait pu le faire tomber mais il se cramponnait fermement au seul être qui était capable de le maintenir à flot.

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MessageSujet: Re: Maybe redemption has stories to tell. [m] Jeu 3 Nov 2011 - 22:13

Le silence qui suivit fut lourd. Pesant. Chaque seconde qui s'égrenait ne faisait que rajouter un peu de poids à cette situation inextricable, où deux adultes qui ignoraient tout l'un de l'autre se retrouvaient comme deux vieux amants, de ceux qui pèsent chacun de leurs mots. L'ange, si tant est qu'il existait, passa un nombre incalculable de fois. L'air avait du mal à pénétrer les poumons de Mìcheal, qui s'efforçait pourtant de prendre de grandes inspirations pour parvenir à réguler ses émotions en vrac. Mais rien n'y faisait, il avait comme l'impression que depuis cet après-midi au laboratoire, plus les heures passaient et plus les morceaux de son âme se brisaient au sol. Il ignorait encore s'il serait un jour capable de se pencher pour les ramasser et ensuite, quand le temps aurait fait son oeuvre, les recoller.

Quand Jonah s'était laissé tomber à ses côtés, il s'était efforcé de ne pas le suivre du regard, perdu dans la contemplation de son petit jardin. Ramsay attendait près de la baie vitrée, plantant ses grands yeux tristes dans ceux de son maître. Il semblait presque comprendre le désarroi de Mìcheal. A cette pensée, le jeune homme aurait pu esquisser un sourire mais le coeur n'y était pas. Il n'y était plus, et n'y serait sans doute plus pendant un petit moment. Pendant cette seconde d'inattention, Jonah vint s'assoir en face de lui et il ne put retenir un léger sursaut en voyant l'imposante silhouette envahir son champ de vision. Son regard tourmenté vint capturer le sien, et il ne put s'en détacher, comme si un lien invisible les reliait tous les deux. S'il s'était attardé sur la surface, il aurait pu contempler son reflet. Mais tout le problème résidait dans le fait que tout ce qui concernait Jonah ne s'arrêtait pas à la surface des choses. Chaque fois, Mìcheal plongeait trop profondément pour pouvoir remonter sans séquelles et quand il s'agissait de son regard, il pouvait rester en apnée de longues minutes.

Pour autant, il ne perdait pas une miette du discours de Jonah. Dans sa tête se formulaient une réponse pour chacune de ses phrases, ou presque. Ne me remercie pas. C'est sans doute la seule fois de ma vie où je me suis montré brave. Pourtant, il aurait été bien incapable d'ouvrir la bouche à un moment pareil, d'autant plus qu'il n'aurait certainement pas voulu le couper. Si au moins les choses sont différentes, tout ça n'aura pas été inutile. Il ignorait si Jonah disait la vérité, s'il avait de nouveau foi en la vie. Il préférait croire que c'était le cas, qu'il ne s'était pas passé toutes ces choses pour rien. Sinon, cela n'aurait été que plus insupportable. Arrête de prononcer mon prénom. Un frisson parcourut son corps. Sa reconnaissance le touchait, mais il ne pouvait s'empêcher de se focaliser sur des choses aussi futiles que la joie d'entendre son prénom dans la bouche d'un écossais pur souche, dans la bouche de Jonah, bien que ce soit trop troublant pour le moment. Arrête j'ai dit. Sa résignation à le voir partir ne lui procura pas le soulagement escompté. Au fond de lui sans doute avait-il espéré l'entendre dire de rester. Comme tout à l'heure, quand il lui interdisais presque de quitter la ville. Pourtant, c'était bien lui qui s'était montré d'une froideur exemplaire pour le remettre à sa place. Je ne peux pas tout oublier de toi. Je ne veux pas tout oublier de toi. Je n'oublierai rien.

Le massif écossais se leva, et Mìcheal sortit de sa fascination pour un dur retour à la réalité. Ainsi donc était-ce fini ? Jonah venait de lui dire tout ce qu'il avait rêvé d'entendre, plus même encore et pourtant, il lui était impossible de faire un geste, d'esquisser le moindre mouvement, ne serait-ce que prononcer un simple mot. Ne rien faire n'était pas une solution, il le savait. Mais il était tout simplement vidé. Une pointe d'énergie semblait renaître en lui, mais pas suffisamment pour ce qu'il avait vraiment envie de faire. Aussi s'apprêtait-il à se lever lui aussi et laisser Jonah prendre en mains la suite des événements, comme il le faisait si bien, mais n'en eut pas le temps. Car en effet, Jonah avait bien dans l'idée de prendre les choses en main, si l'on pouvait ainsi dire.

L'explosion de ses sens quand leurs lèvres se rencontrèrent fut indéfinissable. Peut-être était-ce parce qu'il en avait tant rêvé sans jamais se l'avouer. Le goût de ses lèvres pleines et désirables dépassait toutes ses espérances. Son coeur était au bord de l'implosion, comme si cette surcharge d'émotions était bien trop intense pour qu'il ne puisse la supporter. Pourtant, cette fois, il ne se sentait plus vide, au contraire. Une énergie nouvelle, à laquelle il n'avait jamais goûtée, l'emplissait, et le faisait se sentir plus vivant qu'il ne l'avait été ces derniers jours. Une fois l'effet de surprise passé – le temps d'une fraction de seconde, à peine, Mìcheal ne se fit pas prier pour répondre à l'étreinte de Jonah. Glissant une main dans ses cheveux qu'il empoigna fermement pour l'attirer plus encore contre lui, l'autre trouva le chemin du creux de ses reins que sa position actuelle ne faisait que rendre plus indécente. Ses lèvres retrouvèrent le plaisir d'en avoir d'autres contre elles, et pourtant rien de ce qu'il ne ressentait n'était comparable à ce qu'il avait déjà pu vivre avant. L'ombre de toutes les jeunes femmes qui avaient frôlé son corps avait été balayé en une seconde par la force de Jonah. Tout en ce couple improbable contrastait. Si Jonah incarnait à merveille la brutalité, Mìcheal se faisait la douceur, jouant avec sa langue pour tenter d'adoucir la fougue de son parfait assaillant, s'offrant ainsi quelques pauses pour reprendre son souffle qui se faisait court.

Lorsqu'enfin il trouva la force et la volonté d'interrompre ce baiser qui lui avait semblé durer une éternité, il dut appuyer son front brulant contre celui de Jonah. Sa respiration haletante entrecoupait le silence qui régnait, bien moins gênant qu'auparavant. Finalement, il ouvrit les yeux où toute trace de larmes avait disparu et croisa le regard de celui qui avait balayé tous ses malheurs en si peu de temps. Un large sourire se dessina sur son visage et il parvint enfin à trouver la force de rompre l'instant de plénitude d'une voix rauque et incertaine, mais qui laissait transparaître la surcharge d'émotions qui l'envahissait à cet instant.
    « Bizarrement, je me sens fracassé, mais d'une toute autre façon. »
Lâchant un bref éclat de rire, son qui n'était pas sorti de ses lèvres depuis plusieurs jours, il lui vola un baiser empli d'une tendresse dont seuls les êtres comme lui avaient le secret. Puis il planta de nouveau son regard qui se faisait déterminé et plus sérieux, tout en risquant de se noyer dans l'immensité bleue qui lui faisait face.
    « Tu vas plutôt devoir m'aider à défaire tout ce bordel. Enfin, pas maintenant, mais après. Il est hors de question que je parte, tout comme il est impensable que je t'oublie. Et s'il te reste un peu de noirceur, alors tant mieux. Ca va t'obliger à rester un peu plus avec moi, que je m'en occupe. »
De ses doigts impeccables, protégés des années durant par des gants, il caressa celles de Jonah, plus abimées, plus vivantes, avant de suivre chacun de ses traits comme s'il cherchait à les mémoriser par coeur. La sensation de sa barbe de trois jours qui éraflait la surface de sa peau lui plut. Qui aurait cru un jour qu'il apprécierait ce genre de chose ?
    « Et puis tes excuses, je n'en veux pas. Je ne me suis jamais senti aussi vivant que depuis que je te connais. Bordel, j'ai plongé dans un lac infesté de sirène, j'ai provoqué un vampire avec mon propre sang ! »
Sans doute était-il trop bavard. Sans doute aurait-il mieux fait de se taire et de profiter. Mais Micheal était de cette race de gens qui ne peuvent s'empêcher de clarifier ce qu'ils pensent, surtout si la personne en face se trompe. Et avec Jonah, il voulait vraiment qu'il n'y ait pas de méprise. Jamais. Mais il voulait aussi arrêter de parler. Aussi, dans un sourire qui en disait long sur sa pensée, il en finit avec les mots car les actions en disent bien plus long.
    « Et ça en valait vraiment la peine. »

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MessageSujet: Re: Maybe redemption has stories to tell. [m] Dim 13 Nov 2011 - 14:51

Il avait toujours été courageux pour tout, hormis ses émotions et ses sentiments. Il connaissait parfaitement la fascination qu’il pouvait exercer chez les autres. Il avait pu en user et en abuser lors de ses études et dans de multiples soirées, s’assurant de ne jamais revoir la jeune femme après leur ultime nuit ensemble. Mais lorsqu’il s’agit d’une relation plus profonde, il prenait peur et la fuite. Le jeune homme fringuant et sûr de lui disparaissait et à sa place surgissait un type dégingandé, ne sachant que faire de ses mains et quelle parole utiliser. L’expression « tomber amoureux » prenait véritablement tout son sens lorsqu’il s’agissait de Jonah. Il perdait littéralement pied. Alors, il fut surpris du courage qu’il avait pu démontrer à l’encontre de Micheal. Non seulement une fois alors qu’il pensait en toute légitimité être face à son sauveur dans tous les sens du terme ; mais également une seconde fois dans l’atmosphère confinée et lourde d’un départ imminent. Ce n’était peut être pas du courage, peut être du désespoir. Il avait été sûr d’une seule chose lorsqu’il avait fait demi-tour avant que ses lèvres n’entrent en collision avec celles de Micheal : il ne voulait pas le voir partir. Mais la surprise fut plus forte encore lorsqu’il sentit le jeune homme ne pas le rejeter et, au contraire, intensifier le baiser. S’en rendant compte, son cœur se mit à battre à une telle chamade qu’il n’imaginait même pas que cela soit possible sans causer de crise cardiaque. Un sentiment de plénitude et de plaisir intense lui coupa le souffle alors qu’il sentit la main de Micheal se glisser dans ses cheveux, leurs langues se frôlant timidement au début puis avec une passion intense et florissante. Il détacha une main du visage de l’écossais afin de prendre appui sur le haut du sofa et maintenir une certaine balance alors qu’il se penchait plus encore vers lui, leurs corps collés l’un contre l’autre et ne laissant aucun doute sur leurs désirs respectifs au vu du poids pressant contre sa cuisse toujours installée entre les jambes du jeune homme. Il pressa lui-même ses hanches contre celles de Micheal, appréciant la friction qui lui coupa le souffle quelques instants.

Lorsque le jeune homme se détacha de quelques millimètres de lui afin de reprendre sa respiration, Jonah fut surpris une fois de plus de constater qu’il était encore plus à bout de souffle, comme si on lui retirait son oxygène. Il sentait son corps entier victime de soubresauts et de tremblements, incapable de maintenir les émotions qui l’assaillaient, bien trop forts pour que sa carrure pourtant imposante ne les contiennent. Dans ses yeux plongés dans ceux de Micheal, on pouvait y lire le désir, l’incompréhension, l’attente et la peur. Ca ne lui était jamais arrivé. Il n’avait jamais embrassé d’homme jusqu’à présent. Il n’avait jamais été attiré par un homme auparavant. Il n’avait jamais accordé de grande importance aux préférences sexuelles des autres et l’homosexualité ne lui avait jamais causé la moindre interrogation ou inquiétude. Par contre, découvrir qu’il pouvait en faire partie remettait en cause pas mal de choses et s’il ne savait pas trop où il en était, il néanmoins sûr d’une chose : il voulait être avec Micheal. Il voulait ça plus même qu’il ne voulait respirer. Il voulait se réveiller le lendemain matin et sentir de nouveau la sensation du corps chaud du jeune homme contre le sien plus qu’il ne voulait revoir son Ecosse chérie. Il voulait goûter à nouveau ses lèvres et savoir que leur histoire pouvait durer plus qu’il ne voulait tuer la sirène qui lui avait pris ce qu’il pensait être alors l’amour de sa vie. Pour la première fois depuis la mort de sa femme, il avait une autre raison, un autre but dans son existence, aussi simple soit-il.

Malgré l’échange sans le moindre doute sur leurs sentiments réciproques, un sentiment de nervosité intense l’envahit lorsque Micheal prit la parole d’une voix rocailleuse qui ne lui donnait qu’une seule envie : se pencher à nouveau vers lui, emprisonner ses lèvres, se saisir de lui et l’emmener dans sa chambre loin de son chien, témoin gênant des choses qu’il avait envie de lui faire. Il put respirer à nouveau en l’entendant rire et ferma lui-même les yeux, laissant ce son si agréable résonner à ses oreilles semblable à la plus belle des mélodies qu’il lui ait été donné d’entendre. Un large sourire soulagé envahit ses traits et il ne quitta pas des yeux Micheal, buvant chacune de ses paroles, se délectant de chacun de ses traits et de ses gestes. Il ne pensait plus à rien si ce n’est qu’à eux. Le reste n’importait pas. Il s’humecta les lèvres et approcha à nouveau son visage de celui du jeune homme avant de murmurer d’une voix rendue rauque par le désir qui l’avait assailli : « Là, tout de suite, je ne voudrai pas te mettre dans une position où tu ne voudrais pas être mais j’aimerai beaucoup t’aider à te débarrasser de tes vêtements. »

Il glissa ses mains sous les cuisses de Micheal et le souleva alors qu’il reprenait possession de ses lèvres avec une fougue et une urgence qui causaient à son cœur de nouvelles folies qu’il lui était difficile de le supporter. Sans, trop savoir comment et par on ne sait quel miracle, ils parvinrent jusqu’à la chambre de Micheal que Jonah referma d’un mouvement de pied, manquant de trébucher et d’emporter le jeune homme dans sa chute avec lui. Parvenu au dessus du matelas, il le laissa tomber sur ce dernier mais l’attira par le col de sa chemise et posa à nouveau son genou entre les jambes de l’écossais. Il sépara leurs lèvres quelques secondes afin de se séparer de son propre T-shirt, sa veste en cuir ayant atterri quelque part dans le couloir avec ses chaussures. « Micheal … » ronronna-t-il lorsqu’ils se débarrassèrent finalement des dernières couches de vêtements superflues et que leurs peaux entraient en contact l’une de l’autre pour la toute première fois. Il entreprit de butiner le cou du jeune homme, alors que ses doigts descendaient le long des cuisses du jeune homme pour se perde plus au sud. Il ne put s’empêcher de rire doucement en se rendant compte : « Je suppose que tu n’as pas de gel lubrifiant à portée de main ? » Sans mauvais jeu de mot.

Il ne perdit cependant pas pied pour autant et improvisa avec les moyens du bord, se concentrant sur la délicieuse sensation de Micheal contre lui et il n’eut pas besoin de longues minutes avant qu’il n’atteigne littéralement le nirvana. Se laissant retomber sur Micheal, après quelques minutes pour reprendre sa respiration et des forces, il déposa un baiser sur son épaule avant de se redresser et de sortir du lit, ses jambes lui faisant quelque peu défaut jusqu’à ce qu’il ne récupère une serviette de la salle de bain et ne retourne auprès de celui qui était désormais son amant dans tous les sens du terme et de se nettoyer l’un l’autre. Il s’allongeait à ses côtés et ne put détacher ses yeux de lui, ses doigts caressant de manière paresseuse ses cheveux. « Je n’avais jamais … » Il se coupa dans sa propre phrase et secoua négativement la tête avant de prendre un angle. « On va devoir s’approvisionner en certains produits. » Son visage redevint sérieux et il sentit une boule dans le creux de sa gorge peser alors qu’il observait le plus bel homme qu’il lui ait été donné de rencontrer, dans le lit à ses côtés. « Merci. » Il se racla la gorge, faisant en sorte que sa voix ne soit pas qu’un simple souffle. « Je sais que je t’ai déjà remercié pour m’avoir sauvé et m’avoir redonné une autre perspective dans mon existence. Mais je ne t’ai pas remercié pour … » Il se coupa, tentant de trouver ses mots mais se rendant compte de l’importance et de la profondeur de ceux brûlant ses lèvres, il prit le parti de la plaisanterie. « Pour la meilleure partie de jambes en l’air que j’ai eu depuis un bon bout de temps. Qui aurait cru ? »

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MessageSujet: Re: Maybe redemption has stories to tell. [m] Mar 31 Jan 2012 - 0:52

Les sentiments qui lui transperçaient le cœur en ce moment n’avaient rien de comparable avec ce qu’il avait déjà pu vivre avant. A vrai dire, il en était même à se demander s’il avait déjà vraiment ressenti quelque chose pour quelqu’un, et la balance semblait pencher du côté du non. A vrai dire, il n’avait jamais été doué pour les choses de l’amour, et Mary-Ann avait souvent su le lui reprocher. Quand il allait à un rendez-vous galant, il ne savait même pas que ça en était un. Il ignorait les règles de la séduction et n’en jouait même pas pour attirer les filles. Peut-être bien que c’était cela qui les attirait d’ailleurs. Il n’avait rien d’un romantique, oubliant sans arrêt les anniversaires, ignorant les sous-entendus en passant devant une bijouterie ou un fleuriste. Et surtout, la seule expérience de vie en couple qu’il avait vécu avait été des plus traumatisantes. A vrai dire, il avait pris conscience qu’il n’était pas fait pour ça, et s’était presque résigné à vivre seul sans pour autant que cela ne le gène, évitant soigneusement toute relation à durée indéterminée.

Et puis cette rencontre, qui avait tout bouleversé alors qu’au fond, ce n’était que l’histoire de deux hommes se croisant à un moment de leur vie. S’il fallait employer un terme, peut-être que le sacrosaint coup de foudre était propice finalement. En y pensant, Mìcheal ne put s’empêcher de sourire, d’un sourire qui semblait ne plus vouloir quitter ses lèvres. La vie qui s’était arrachée à lui ces derniers jours était revenue brusquement, lui provoquant des palpitations telles qu’elles auraient pu causer la mort d’un cardiaque mais qui lui faisait un bien fou. Il se sentait perdre totalement le contrôle et pourtant, il n’aurait voulu être nulle part ailleurs qu’à cet endroit, là, maintenant. En plongeant dans le regard de Jonah, il semblait percevoir le même sentiment, à la fois exaltant et totalement incontrôlable. Perdre pied était une sensation effrayante en soi mais avec cet autre écossais à ses côtés, rien ne lui faisait peur. Peut-être simplement parce qu’il lui était impossible de penser à cet instant, que seules les émotions semblaient affluer dans son cerveau, se mêlant à l’adrénaline et à une flopée d’hormones qui pimentaient la situation.

Brisant le silence que Mìcheal avait enfin laissé s’installer, la voix de Jonah rendue rauque par la situation et donc diablement sexy déclencha en lui une urgence, un besoin vital de se réapproprier ces lèvres qui semblaient n’attendre que lui. Toutefois, il n’eut même pas le temps de satisfaire son désir que Jonah s’en chargeait très bien. Collé à lui, échangeant un baiser dont l’intensité allait crescendo, il se laissait emporter dans le tourbillon de l’imprévu, ce vertige indescriptible qu’il n’avait jusqu’à présent encore jamais vécu. Son pavillon si familier ne lui offrait plus aucun repère, et il se laissait guider comme un enfant, la différence étant peut-être que ses pensées étaient bien moins pures. Comme si elles savaient bien ce qu’elles avaient à faire, ses mains délestèrent son amant de sa veste, lourde, pesante, un obstacle pour lui. Les événements défilaient à une vitesse folle, mais il semblait pourtant que tout cela était bien trop long. Déjà, il n’attendait qu’une chose, le voir débarrassé de tout le reste, admirer son corps nu et désirable qu’il avait déjà eu le loisir d’observer sans en avoir pour autant la permission. Allongé sur son lit, ce matelas qui avait vu défiler quelques femmes sans grand talent allait enfin connaître la passion d’une étreinte acharnée, presque désespérée.

Enfin libres de l’emprise de leurs vêtements, les deux écossais se cherchaient et se trouvaient enfin. Pressé, trop pressé, Mìcheal se força tant bien que mal à plaquer son dos déjà moite de sueur contre ses draps, laissant Jonah parcourir son corps de baisers électrisants. Paradoxalement, son corps semblait ne plus lui appartenir et lui procurait pourtant des sensations exquises, inédites qui inondaient son cerveau d’un plaisir intense. Ses doigts fins parcouraient le dos musclé de Jonah, qui ne semblait pas dénué de bon sens malgré la situation. Sa remarque pragmatique arracha un éclat de rire au scientifique, qui n’avait même pas songé à ce détail technique.
    « Excuse-moi, je dois bien avouer que je n’avais pas prévu ce genre de … »
Dérapage. Mais la phrase resta en suspens tandis que les doigts experts de Jonah semblaient ne pas s’encombrer de pareilles futilités. Un soupiré déjà quasi proche de l’extase passa la barrière de ses lèvres et la pensée que rien au monde ne pouvait être aussi délicieux passa à toute vitesse dans son cerveau embrumé alors qu’il s’efforçait de faire goûter le même plaisir à celui dont le corps et les lèvres le rendaient fou. Déjà, son désir atteignait des sommets et, comme parfaitement synchronisé, Jonah semblait dans le même état. Se cambrant pour rapprocher plus encore leurs deux corps en nage, Mìcheal s’empara de ses lèvres quand un tremblement de plaisir parcourut tout son corps. Ils retombèrent lourdement sur le lit. Vidé de toute énergie et ne pouvait effacer de son visage un sourire de pure satisfaction, Mìcheal se sentait bien incapable de bouger. C’était à peine s’il se souvenait de l’endroit où il se trouvait, de l’heure, de la date, de son envie de partir qui s’était évaporé. Il se rappelait juste l’important : Jonah était auprès de lui. Rouvrant les yeux, il remarqua que ça n’était plus le cas. Comme s’il était le maître des lieux – ce que Mìcheal n’aurait su lui reprocher – l’écossais avait pris les devants, comme il savait à vrai dire si bien le faire. Mais Mìcheal n’attendait qu’une chose, qu’il revienne vers lui. Il avait besoin de le sentir contre lui, respirer à pleins poumons son odeur, glisser ses doigts fatigués sur son corps si beau.

Ce fut l’une des rares fois dans sa vie où Mìcheal ressentit l’envie de ne pas parler. Le mots ne pourraient exprimer la violence de ses émotions, son souffle court peinait à se stabiliser, sa poitrine se soulevant frénétiquement tandis qu’il haletait encore. Il n’avait envie de rien de plus que ce qu’il avait, ni cigarette, ni tasse de café, ni blague pour détendre une atmosphère qui lui paraissait idéale. Jonah, lui, ne pensait pas comme lui. Mais entendre sa délicieuse voix ne lui posait aucun problème. Toutefois, il savait qu’il n’aurait sans doute pas la force de répondre. Son pragmatisme refit surface, lui arrachant une nouvelle fois un rire entrecoupé par son manque de souffle. Il imaginait déjà la tête de sa pharmacienne de quartier, avec qui il avait à vrai dire déjà eu une aventure. Il se nicha alors dans le creux du cou de celui qui, maintenant, représentait sa première fois. Sa première vraie fois, celle qui comptait plus que toutes les autres. D’une oreille oscillant entre l’attention et le simple plaisir de l’entendre parler, il se fit la remarque que jamais personne ne l’avait autant remercié de toute sa vie, et releva la tête pour planter son regard dans celui de Jonah, visiblement troublé. Recouvrant peu à peu ses forces, son attention et sa curiosité furent piquées à vif et il haussa un sourcil interrogateur. Il ignorait tout de la suite de la phrase et il semblait y avoir plusieurs fins possibles, à en croire l’hésitation de Jonah. Et puis vint la chute, rassurante, un compliment des plus amusants finalement. Il déposa un baiser sur le coin de ses lèvres, puis vint se recoucher tout contre lui, apaisé.
    « Il faut dire que pour deux novices en la matière, nous avons été des plus experts je trouve. »
Un regain d’énergie faisant surface, il bascula sur lui, le surplombant pour la première fois depuis qu’ils avaient froissé les draps. Son minuscule corps à peine athlétique était des plus ridicules face à celui de Jonah, impeccablement entretenu et sculpté à la perfection. Mais il n’en avait que faire finalement. Il accrocha son regard, un sourire en coin étirant ses lèvres rougies.
    « Par contre, il me semble qu’il vaudrait mieux qu’on arrête de se remercier sans arrêt. Résumons. Je t’ai sauvé du suicide, un point. Tu m’as sauvé d’un prédateur aux dents longues, égalité. Je me suis tranché une veine pour faire de même, avantage pour moi. Et là, tu viens de m’empêcher de faire la plus grosse connerie de toute ma vie. Et si on disait match nul et qu’on arrêtait de compter les points ? »
Au loin, la sonnerie du téléphone se fit entendre. L’idée qu’il pourrait se lever pour répondre ne lui traversa même pas l’esprit. Cependant, sa petite tirade lui avait rappelé sa condition d’humain, et sa bouche pâteuse réclamait un peu d’eau. Se penchant pour attraper une bouteille d’eau, ce n’est qu’à ce moment que lui revint à l’esprit sa plus grande gêne. La cicatrice qui lui barrait le dos et qui était, dans cette position, bien à la vue de Jonah. Il se redressa précipitamment et ne croisa pas son regard, buvant une longue rasade d’eau avant de proposant la bouteille à Jonah. Pourquoi ? Pourquoi fallait-il que cette saloperie de souvenir vienne tout gâcher une fois encore ? L’instant était parfait, vraiment parfait. Et voilà que les fantômes du passé venaient à nouveau le hanter. Une ombre passa sur son visage et sans même réaliser ce qu’il faisait, voilà que, fixant le mur, il se dévoilait enfin.
    « Je ne vais pas te sortir les conneries habituelles. Je ne suis pas tombé à vélo. Je ne me suis pas brûlé sur une plaque électrique. C’est lui qui m’a fait ça. »
Il n’avait jamais, jamais, parlé de ça à personne. La vérité le dérangeait trop, le blessait encore trop profondément. Pourtant, s’il était impossible de lui dévoiler toute la vérité sur le sujet, prendre les devants et le révéler à Jonah lui avait semblé naturel. Il avait déjà mentionné son bourreau la dernière fois, il s’en souvenait parfaitement. Un verre de scotch à la main. Cette fois, il n’avait pas d’échappatoire. Sa seule consolation se trouvait juste en dessous de lui . Et étonnamment, cela lui suffisait amplement. Auparavant, une simple remarque sur cette tare le rendait irritable, trop gêné pour en parler. Il n’abordait jamais le sujet. Y penser lui piquait les yeux. Cette fois, il l’avait fait de son plein gré, avait avoué, confessé l’horrible vérité. Et le rideau de larmes ne vint pas. Un soulagement intense s’empara de lui. Il sourit à Jonah, passa une main délicate dans les cheveux en désordre de son amant avant de la poser sur son bas ventre, là où logeaient des abdominaux qu’il se savait incapable de voir un jour se dessiner sur lui.
    « Ca te dirait une douche ? »

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MessageSujet: Re: Maybe redemption has stories to tell. [m] Sam 9 Juin 2012 - 11:54

Jonah ne s’était jamais retrouvé dans pareille situation. Il n’avait jamais été proche d’un quelconque autre homme auparavant ; du moins de cette manière. La situation aurait dû être plus étrange entre eux. Et pourtant, c’était loin d’être le cas. Les choses étaient naturelles, faciles, presque trop facile. C’était comme s’il retrouvait des marques qu’il n’avait jamais connu, un pays qu’il n’avait jamais visité et qui pourtant lui était plus familier encore que sa propre terre natale. Avait-il déjà ressenti ça auparavant ? Même avec sa défunte épouse ? Il n’en était pas sûr, loin de là. Il devait tout de même avouer qu’il était perdu, que tout ce qu’il pensait comme acquis auparavant se révélait assis sur des pieds d’argile. Avait-il refoulé ses pulsions toutes ces années ? Avait-il aimé Christina ou s’était-il persuadé que les sentiments à son encontre étaient de l’amour et de la passion ? Il prit une profonde inspiration, l’odeur toute masculine entre eux lui faisant quelque peu tourner la tête et l’emplissant d’une joie sans nom. Qu’importaient toutes ces questions après tout ? L’important n’était-il pas le moment présent ? Le passé l’avait certes amené droit ici et c’était peut être le destin. Rencontrer Christina. La perdre. Partir à la recherche de la responsable. Retrouver enfin la paix tant recherchée sans se l’avouer et sans qu’une goutte de sang ne soit encore versée.

Il ne put s’empêcher de rire doucement. Deux vrais novices qui ne s’en étaient pas trop mal sorti. Il déposa langoureusement un baiser sur le sommet de son crâne, ne trouvant pas suffisamment de force en lui pour faire autre chose que de caresser tendrement ses cheveux rendu collant par l’effort et les violentes émotions ressentis de part et d’autres. Son sourire se figea quelque peu en se rendant compte qu’il n’était pas si novice que ça à la lueur d’une erreur monumentale qui venait de lui revenir comme un boomerang et qu’il avait consciencieusement tenu close à double tour dans son esprit. Il se racla la gorge, sachant pertinemment que s’il ouvrait la bouche, seule une voix rauque croasserait. Et croasserait quoi. Il ne savait pas comment expliquer à Micheal ce qu’il s’était passé avant qu’ils ne se retrouvent. Il avait lui-même du mal à comprendre ce qu’il s’était passé et ce que cela pouvait impliquer. Pour eux. Pour Micheal. Pour lui. Heureusement, il n’eut pas à tergiverser pendant longtemps lorsque le jeune homme, son amant désormais s’il acceptait bien de lui pour quelque temps, se retrouve pris d’une énergie nouvelle et qui fatiguait encore plus le chasseur. Il était déjà bien heureux d’avoir suffisamment de force ne serait-ce que pour respirer.

Son regard se fondit dans le regard azur du jeune homme et il lui adressa un large sourire fatigué, sentant de nouveau une chaleur diffuse se rassembler dans son bas ventre et s’intéresser de nouveau à la chaleur diffuse de Micheal. Son cœur se remit à battre à la chamade en moins de temps qu’il ne fallait pour le réaliser et il s’humecta les lèvres. Il n’était pas en état pour un deuxième round juste maintenant mais son corps et son esprit lui envoyaient des signaux de leur accord. Il hocha positivement la tête avant de rapprocher ses lèvres de celles du jeune homme et de murmurer dans un souffle « Deal » avant de s’emparer d’elles, de les réclamer comme sienne. Cela n’avait rien à voir avec leurs baisers précédents, aucune urgence ou animalité mais une entière satisfaction et une émotion qui parlait d’elle-même. Il le suivit du regard lorsqu’il se baissa et son cœur se gela sur place en remarquant la lourde cicatrice dans son dos. Il avait vu tellement de blessures. Il en avait infligé lui-même de terrible mais celle-ci était ancienne et la plus horrible dont il est jamais été témoin. Malgré le peu de force qu’il avait en cet instant précis, il se redressa subitement et approcha ses doigts de la peau blessée mais n’allant pas plus loin que quelques millimètres, fasciné. Quel monstre avait pu causer cela ?

Il redressa la tête dès que le jeune homme ouvrit la bouche, observant ses épaules se tendre, priant pour qu’il se retourne. Sa mâchoire se crispa et soudain il réalisa. Bien sûr. Ca ne pouvait être que ça. Ca ne pouvait être que lui. Ses yeux se peignirent d’une rage sans commune mesure, pas seulement contre ce type mais contre lui-même. Il l’avait approché. Il savait que lui et le bourreau de Micheal était nécessairement la même personne. Il n’y avait pas d’autre solution. Pas d’autre option. Il prit une profonde inspiration et fit l’effort de se calmer par égard pour son amant. Passant délicatement sa main dans ses cheveux désordonnés, il la laissa se reposer sur sa nuque, le forçant à ne pas quitter son regard dans le sien.

« Non, Micheal. Je te fais la promesse de le retrouver et de lui faire payer au centuple ce qu’il t’a fait subir. Les monstres tels que lui ne devraient pas avoir le droit de vivre. Je suis désolé. J’aurai dû le tuer quand j’en ai eu l’occasion. Si seulement j’avais su qui était en face de moi, je … »

Il perdit pied. Il avait été faible une fois de plus. De sa faute, une fois encore, la personne qu’il aimait souffrait.

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MessageSujet: Re: Maybe redemption has stories to tell. [m] Dim 1 Juil 2012 - 22:29

Le soulagement, intense, bénéfique, ne dura que l’espace de quelques secondes. Si Jonah, respectueux, avait eu l’infinie gentillesse de ne pas toucher cet endroit que lui-même répugnait à frôler, il eut en tout cas la réaction la plus incroyable et inattendue possible. Mìcheal écouta chaque mot sans même en comprendre le sens. Il perçut l’affolement dans la voix de son amant, la peur, la colère surtout. Cette blessure était vieille, une part de son passé qu’il refusait de reconnaître et pour la première fois de sa vie, il partageait cette sordide histoire avec quelqu’un. Il se s’était certainement pas attendu à ce que celui-ci éprouve autant de sollicitude à son égard, au point d’être réellement affecté par cette anecdote terrible. Le frêle écossais trouva la réaction disproportionnée, mais touchant. Sur le point de rassurer Jonah sur cette blessure, il n’en eut pas le temps. La suite de la phrase ne collait pas avec le reste. Comment ça, le tuer ?

Etant donné ce qu’il venait de vivre, Mìcheal se sentait bien incapable de réfléchir. Son corps tout entier était encore imprégné de l’odeur, de la sensation de la peau de Jonah contre la sienne. L’extase puissante lui avait fait perdre tous ses moyens, se redresser avait même été une épreuve. Lui si instinctif et perspicace ne pensait pas qu’il lui serait un jour possible de mettre autant de temps à recoller les éléments dans son propre cerveau. Le tuer quand il en aurait eu l’occasion … En face de lui … Mais de qui donc était-il … La réponse jaillit soudain, après de lourdes secondes de silence et de confusion. Bien sûr. Bien sûr. Oh, quelle erreur. Jamais il n’aurait pensé qu’il puisse y avoir un quelconque quiproquo à ce sujet. Mais comment aurait-il pu en être autrement ? Il avait parlé de son bourreau, son vrai bourreau, une seule fois à Jonah. Quand celui-ci venait d’échapper de justesse à la noyade. Qu’il était sous le choc, en train de boire un verre d’alcool pour se remonter le moral. Quel imbécile il faisait. Il ferma les yeux en réalisant le poids de son erreur, puis posa un index rassurant sur les lèvres de Jonah.
    « Non. »
Non. Comme si un simple non pouvait tout expliquer ! Ce non ne pouvait que renforcer Jonah dans sa conviction qu’il n’était qu’un foutu vampirophile, qui défendait un être détestable. Non, il ne fallait pas dire non. Il fallait se plonger dans des explications qui, certes, lui pesaient tellement que son âme en avait longtemps été écrasée. Mais il avait commencé, alors autant finir. Tout laisser sortir. Enfin, presque tout. La vérité vraie ne pouvait pas être complètement révélée.
    « Non, Avery a fait beaucoup de mal ce jour-là, mais la seule cicatrice qui en ressort est cette minuscule écorchure sur mon bras. »
D’instinct, il effleura le léger renflement que la plaie cicatrisée, des images venant interférer dans ses pensées qui essayaient pourtant de se faire le plus claires possible. Du sang éclater au sol. Jonah qui lui sauvait la vie. Les yeux fous d’Avery qui lorgnaient sur sa carotide. Ce moment là était passé. Son cœur n’avait plus de raison de s’emballer. A part pour celui qui se tenait sous lui à cet instant précis.
    « Je pense que tu ne t’en souviens pas mais quand nous parlions de l’Ecosse l’autre soir … Je t’ai parlé de quelqu’un. Ce quelqu’un n’était pas un vampire, c’était un monstre. Un vrai monstre. »
De ceux dont on n’arrive pas oublier le visage, de ceux qui envahissent vos pires cauchemars, de ceux qui vous vont vous réveiller la nuit en hurlant, de ceux qui hantent même vos journées, quand vous croisez un regard étrangement semblable, une démarche similaire, une folie identique. Farqhar était un être démoniaque – vraiment, qui plus est – qui ne disparaissait jamais vraiment. Même à des milliers kilomètres d’ici, Mìcheal se souvenait encore de son odeur insupportable, étouffante. De son souffle qui effleurait la peau de sa nuque quand il lui proférait des menaces. Pas sur sa propre personne, non. Quand il lui racontait les détails des tortures qu’il infligeait à sa mère. Un monstre dont on ne vérifiait pas la présence sous son lit, parce qu’il était là en permanence. Dans votre tête. Tous les souvenirs revinrent, le soulagement était loin. Mìcheal déglutit lourdement avant de poursuivre.
    « Il a détruit ce que j’étais, tout ce que j’étais. Il a détruit une partie de moi-même. »
Une queue. Une immonde queue, terrible, surnaturelle, un appendice qu’il avait longtemps détesté et qu’il regrettait pourtant depuis. Une partie de lui arrachée à jamais, comme ses pouvoirs, ces putains de pouvoirs qu’il ne retrouverait sans doute jamais. Un moins que rien. Des années à se reconstruire, sans pourtant plus pouvoir regarder son propre dos dans une glace. Malgré, il attrapa les doigts brûlants de Jonah entre les siens, sentit leur puissance, leur force, et les promena délicatement contre cette blessure ardente qui jamais ne cicatriserait vraiment. Il ne put s’empêcher de frissonner à ce contact inédit. Jamais il n’avait autorisé quelqu’un à ce geste tabou. Jamais. Mais peut-être Jonah était-il le baume miraculeux qu’aucune médecine, aucun sortilège n’avait pu inventer.
    « Et il m’a laissé cette marque, cette sorte de braille ridicule, pour que même loin, je me souvienne toujours de lui… »
Epuisé par cette confession qui n’avait pourtant pas tant explicité les choses que ça, il s’écroula, mentalement et physiquement, s’effondrant sur le lit juste à côté de Jonah. Sans même réfléchir, il se lova contre lui, nichant son visage dans le creux de son cou désirable et, sans même penser penser à y déposer un baiser, il se mit à pleurer silencieusement. Seules les larmes salées et le tressaillement de son corps agité de sanglots le trahissaient. Il s’était cru fort l’espace d’un instant, capable de tirer un trait sur ce lourd passé. Il semblait toutefois en être totalement incapable. Mais au moins, pensa-t’il, il était capable d’en parler à quelqu’un. Et peut-être était-ce là ce qui pourrait le sauver un jour.

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MessageSujet: Re: Maybe redemption has stories to tell. [m] Sam 7 Juil 2012 - 15:49

Jonah n’était pas un super héros. Il n’y avait jamais cru lui-même, même enfant. Il savait que les héros n’existaient pas et qu’il ne s’agissait que d’histoires racontées aux enfants pour qu’ils développent des idées de moralité et de respect de l’autre. Pour leur mettre des étoiles plein les yeux et pour voir ces étoiles mourir une à une à fur et à mesure que les années passaient, révélant la véritable nature et destinée de l’humanité bien éloignée de ces images idylliques. Néanmoins, restait de cette époque, la tendance de Jonah à vouloir croire et souhaiter de tout son être protéger les personnes qu’il aimait. C’était peut être encore trop tôt pour déclarer aimer le jeune homme nu qui se trouvait devant lui. Néanmoins, il ne pouvait nier les profonds sentiments qui les reliaient l’un à l’autre et qui le maintenaient solidement ancré à lui, loin de ses convictions et de ses croyances, loin de tout ce qu’il avait connu jusqu’à présent et qui pourtant s’imposait avec une facilité déconcertante. Comme si tout avait été écrit des milliers d’années avant leur rencontre et que quoi qu’ils fassent, ils ne pouvaient s’échapper l’un à l’autre. Cela impacter forcément ses réactions dès qu’on blessait son amant même si la douleur physique s’était évanouie depuis longtemps.

Il fronça les sourcils en l’entendant parler d’Avery et s’apprêter à ouvrir la bouche, lui indiquer que ce n’était pas ce dont il parlait mais le gel envahit son cœur lorsqu’il réalisa que peut être Micheal n’était pas ce qu’il paraissait être. Peut être ignorait-il l’existence d’un vampire identique à lui-même. Ou peut être, au contraire le savait-il pertinemment et l’avait-il volontairement dissimulé au chasseur, connaissant sa position sur le sujet. Peut être que celui qu’il avait pris pour son sauveur ne l’avait jamais blessé. Il l’écouta calmement parler et finit par admettre que cette histoire n’avait pas d’importance pour le moment et qu’elle en aurait plus tard sans doute. Pour l’instant, tout ce qui l’importait était la demi-confession que formulait le jeune homme face à lui, revenant sur un passé qui devait le hantait encore aujourd’hui, un passé dont les images devaient se dérouler derrière l’écran bleu de ses yeux. Un passé dont Jonah tenterait de le libérer, aussi lourde fut la confession et ses implications. Micheal n’était pas un vampire, il en était sûr. C’était tout ce qui comptait. Et même s’il l’avait été, l’écossais savait que cela n’aurait pas changé grand-chose à ses sentiments. Tout juste cela les aurait compliqués un peu plus.

Les paroles de Michael le saisir et pour une fois, il fut incapable de prononcer le moindre mot lorsque son amant s’effondra à ses côtés, se nichant dans le creux de son cou. D’instinct, il referma les bras autour de lui et ferma les yeux quelques instants, appréciant le contact de sa peau contre la sienne, la chaleur du corps contre le sien. Il se souvenait vaguement de cette soirée. Des bribes de souvenirs et des sentiments confus. Il tenta de lui influer toute la force qu’il lui restait après leur ébat passionné. Il tenta de le protéger des fantômes de son passé. Il tenta d’être présent pour lui plus que tout autre chose. Il déposa un baiser sur le sommet du crâne de Micheal avant de renforcer plus encore l’étreinte assoupie. Il ignorait les mots qu’il devait prononcer. C’était la première fois qu’il devait faire face à ce genre de situation. Il ne savait quelle attitude adoptée. Celle qu’avaient prise ses amis, sa famille à la mort de Christina n’avait aidé en rien. Comment pouvait-il penser qu’il pourrait trouver les expressions adéquates ?

« Il a fait de toi ce que tu es aujourd’hui Micheal. Je sais que c’est difficile d’imaginer les choses de cette manière. Mais en faisant ce qu’il a fait, il t’a rendu plus fort. Suffisamment fort pour le détruire. Même si tu l’ignores encore. Même si tu ne te sens pas prêt. Un jour tu le seras. »

Ses longs doigts caressèrent la peau tendre du dos de son amant s’arrêtant juste au contact de la cicatrice, frôlant à peine cette dernière. Micheal était bien plus que cette cicatrice, aussi extraordinaire soit-elle. Il ne se résumait pas à ça et Jonah souhaitait le lui faire comprendre, l’aider à aller plus loin, à se dépasser comme il le savait capable même s’il l’ignorait lui-même. Le silence s’installa quelques minutes entre eux, Jonah continuant d’offrir des caresses légères et qu’il souhaitait réconfortantes tandis que son esprit vaquaient à chacune de leurs rencontres, à chacune des rencontres effectuées avec les autres créatures, tentant d’analyser et souhaitant comprendre. Finalement, sa voix plus douce qu’un murmure résonna à nouveau :

« Qu’es-tu, Micheal ? »

Ca ne changerait à ses sentiments mais il devait savoir. Comme il devait savoir qui était cette ombre de Micheal qu’il avait jadis serré dans ses bras. Mais si Michael avait révélé un pan de son histoire et qu’il connaissait une bonne partie de la sienne, il ignorait s’il souhaitait parler de ce souvenir maintenant. Il baissa le visage vers celui de Michael, plongeant ses yeux dans les siens, s’y perdant à nouveau et comme toujours. Il lui adressa un léger sourire avant de s’emparer une fois de plus de ses lèvres. Dieu, jamais il ne pourrait s’en lasser.

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MessageSujet: Re: Maybe redemption has stories to tell. [m] Jeu 18 Oct 2012 - 16:20

Les caresses délicates de Jonah, ces lents va-et-vient, qui n’avaient évidemment rien à voir avec ceux plus ardents qui venaient de précéder à cet élan de sincérité, l’apaisaient et allèrent même jusqu’à le faire somnoler. Déjà, ces larmes séchaient sur ses joues et le torse de son amant. Il retrouva une respiration paisible en écoutant sans trop d’attention la voix calme de Jonah. Il n’avait pas envie de s’attarder sur ces pensées sombres. Pas aujourd’hui. Pourquoi … Pourquoi fallait-il qu’ils parlent alors que leurs gestes savaient pourtant si bien tout expliquer et expliciter ? Pour la première fois de sa vie, Mìcheal se mit à apprécier le silence, qui n’avait rien de pesant, ni de malsain. Juste le bruit de leurs respirations presque synchrones. Et c’était tout ce dont ils avaient besoin pour vivre.

Mais ce bonheur éphémère s’éteignit bien rapidement. Tout d’abord, quand Jonah brisa le silence. Mais entendre le son de sa voix n’était pas en soi une chose si désagréable. Ensuite, quand Mìcheal prit conscience du sens de la phrase. En un quart de seconde, il passa de la détente absolue à la nervosité. Tous les muscles de son corps se tendirent. Qu’est-ce que c’était que cette question ? Il craignit un instant d’avoir éveillé la suspicion de Jonah, mais celui-ci semblait n’avoir rien remarqué et l’embrassa à nouveau. Cette fois-ci, Mìcheal n’avait toutefois pas la tête à ça et après quelques secondes de passivité, il s’éloigna brusquement en se redressant, assis sur le rebord du lit. Tourner le dos à Jonah en de pareilles conditions n’était sans doute pas une bonne idée car cette fois, son comportement était bien plus que suspect.
    « Ce que je suis … »
Comment, mais comment répondre à cette question dont il cherchait désespérément la réponse depuis des années ? Cela faisait déjà longtemps qu’il se considérait comme n’étant plus rien, n’appartenant à proprement parler à aucune espèce. Il n’était pas né humain, il n’était plus sorcier, alors qu’était-il ? Un temps, il avait pensé qu’à se faire mordre le coup, il rejoindrait au moins un clan bien défini. Et puis cette envie suicidaire lui était passée. Le résumé de toutes ces pensées étranges qui lui avaient traversé l’esprit depuis son adolescence l’embrouilla, puis vint l’atroce prise de conscience.
    « Qu’est-ce que tu attends comme réponse ? »
Il se tourna vers lui, les yeux emplis de colère. Car le pire dans tout ça, c’était bel et bien cette question. Pourquoi Jonah lui demandait-il ça ? Mìcheal se doutait bien qu’il n’attendait pas une liste exhaustive de ses traits de caractère. Il ne lui demandait pas qui il était. Il tenta de trouver une once d’explication et la seule qui lui vint à l’esprit était absurde. Mais il ne put penser qu’à celle-là.
    « Ma peau n’est pas assez chaude pour toi ? Mes yeux ne sont pas assez bleus ? Mes canines pas assez arrondies ? Pour un chasseur de vampires, tu as de bien piètres connaissances ! »
Se levant d’un bond, il se dirigea vers le couloir et s’arrêta sur le seuil. Malgré tout ce qu’il avait pu dire, alors Jonah restait donc aussi borné ? A fréquenter des vampires pour le plaisir, on ne pouvait qu’en être un ? Comment pouvait-il … ? Nullement gêné par sa nudité qui gagnait de sa splendeur en s’éloignant du corps bien plus magnifique de Jonah, il lui fit face, toujours passablement énervé.
    « Tu crois tout savoir sur tout, tu crois être un expert en créatures surnaturelles ? Et bien vas-y, observe ! Je suis affreusement normal, aussi normal que toi ! Et pourtant, rien ne me désole plus que ça, crois-moi ! »
D’un pas décidé, il alla à la salle de bain. Sous l’eau brûlante de la douche, qui commençait déjà à marquer de rouge sa peau, il ne faisait que penser. Pourquoi diable Jonah appuyait-il toujours où ça faisait mal ? Etait-il là pour le torturer ? Avait-il couché avec lui dans le seul but d’inspecter la moindre parcelle de son corps. Soudain, il s’interdit de penser. Bien sûr, ça ne marchait pas.

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MessageSujet: Re: Maybe redemption has stories to tell. [m] Ven 15 Fév 2013 - 15:28

Il n’avait pas remarqué combien il s’était habitué à la chaleur diffuse du corps de Micheal contre le sien. Il ne s’en rendit compte que lorsque ce dernier s’arracha brutalement de ses bras, le faisant suffoquer dans l’atmosphère glaciale qui s’était installée entre eux. Il n’avait qu’une envie : tendre le bras, passer ce dernier autour des hanches du jeune homme et le contraindre à se reposer de nouveau contre lui. Il se contenta cependant de le regarder sans faire un geste, sans ouvrir la bouche devinant à peine les dégâts qu’il venait de causer à leur trop fragile relation. A force d’être resté pendant autant de temps avec la même personne, il avait oublié que lorsqu’une relation démarrait à peine, on marchait toujours sur des œufs et qu’il fallait éviter le plus possible de la tester. Il devrait attendre quelques années pour ça. Lorsque l’un l’autre se connaîtrait suffisamment pour résister aux tentations et aux petites piques que seuls les vieux amants peuvent s’envoyer sans pendre ombrage. Ils ne se connaissaient pas encore suffisamment pour ça. Et c’était sans doute la raison pour laquelle cette question avait traversé les lèvres du chasseur de vampire. Pour arriver au stade qu’il voulait retrouver à nouveau, il avait besoin de connaître son partenaire. Même s’il avait, depuis la mort de Christina, apprit à cultiver le mystère et à faire des ombres son allié, il ne voulait pas de ça dans sa relation avec Micheal. Si tant est qu’ils avaient encore une relation. Quelle qu’elle soit.

Jonah prit une profonde inspiration et laissa retomber sa tête en arrière alors que le jeune homme se lançait dans une violente diatribe à son encontre. Et il ne pouvait pas véritablement le blâmer étant donner que le chasseur se rendait compte qu’il avait franchi une limite. Les gens normaux ne demandaient pas ce que leur amant était. Au risque de passer pour raciste ou homophobe. Mais Jonah n’était pas quelqu’un d’ordinaire, tout comme Micheal ne l’était pas davantage. Ils le savaient tous les deux mais l’un des deux faisaient semblant de ne pas comprendre. Ils n’étaient pas normaux puisque la normalité avait disparu de leur quotidien. Micheal étudiait les vampires, ceux des contes d’horreur dont on abreuvait les enfants pour les contraindre à obéir à l’école après tout. Et Jonah, pas mieux, les chassait tout en continuant de poursuivre son objectif ultime de tuer une sirène qui n’avait rien à voir avec celle de Walt Disney et ses amours sirupeuses. Leur monde était brutal, sombre et violent. Il n’y avait rien de normal dedans.

Il attendit quelques instants, se passant la main sur le visage alors que Micheal trouvait refuge dans la salle de bain. Il ne savait quel comportement adopter. Il ne savait plus comment les relations amoureuses fonctionnaient. Devait-il le suivre dans la salle de bain ? Devait-il le laisser récupérer l’espace dont il avait besoin et que Jonah lui dérobait ? Devait-il partir ? Il ignorait comment réagir. Plus encore, il ne savait pas comment une relation amoureuse entre hommes devait marcher. On ne le lui avait jamais appris et c’était la toute première fois pour lui. Il hésita sur la marche à suivre et après avoir attendu environ deux minutes, il se décida finalement sur la marche à suivre. Rejetant les draps blancs qui couvraient jusqu’alors sa nudité un minimum, il rejoignit Micheal dans la salle de bain, s’appuyant sur le chambranle de sa porte et croisant les bras sans se soucier le moins du monde de sa tenue d’Adam. Ils avaient vu bien plus l’un de l’autre après tout.

« Tu n’es pas normal Micheal. » Il cessa de parler quelques instants, attendant la violente déflagration qui allait évidemment suivre ses déclarations avant de reprendre doucement. « Je ne suis pas plus normal que toi. Et encore, toi tu es équilibré et tu n’es pas un meurtrier. » Mais était-on vraiment meurtrier lorsqu’on tuait des êtres qui n’avaient pas lieu d’être sur cette Terre ? Qui étaient déjà morts pour certain. Il se rapprocha avec incertitude vers lui, le sourire peu sûr de lui, ce qui était quelque chose de rare pour le chasseur. « Je veux te connaître, Micheal. C’est insensé mais ce que je ressens pour toi, je ne l’ai pas ressenti depuis très longtemps. Et je ne veux rien perdre, pas une miette, pas une seule seconde. Si tu me l’autorises, je veux tout de toi. » Il tendit la main pour caresser délicatement la joue du jeune homme. Devait-il également lui parler de ce qu’il s’était passé l’autre jour ou cela pouvait-il attendre. Il se glissa à ses côtés et le prit dans ses bras, posant son visage dans le creux de son cou, respirant à plein poumons l’odeur masculine caractéristique. Non cela attendrait.

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MessageSujet: Re: Maybe redemption has stories to tell. [m] Dim 25 Mai 2014 - 18:38

Le temps avait toujours été l'un de ses pires ennemis. Sans savoir pourquoi, le temps s'écoulait sans arrêt de la manière la plus terrible. Trop lent quand il fallait attendre, trop rapide quand le moment devait être savouré, le temps était de ces éléments incontrôlables à rendre fous les hommes. Appuyé là contre la vitre de sa douche, Mìcheal sentait l'eau couler le long de son corps fatigué, et était bien incapable de dire depuis combien de temps il n'avait pas bougé. Les sens en éveil, il guettait un signe, quelque chose. Mais le temps semblait figé, et le martellement de l'eau l'avait peut-être empêché d'entendre Jonah partir. Il lui semblait qu'une heure, un mois, une seconde, un an venait de partir en fumée. Il n'en savait rien. La buée s’amoncelait, cachant le jeune sorcier au reste du monde, et vice versa. C'était peut-être mieux ainsi.

Une voix le tira de ses pensées, une voix qui lui fit se demander si elle n'était pas dans sa tête. D'un geste rageur, il effaça d'une main la condensation de la porte, et l'ombre de Jonah se dévoila à lui. Tu n'es pas normal, Mìcheal. Mon dieu, fallait-il qu'ils continuent à débattre de la question des heures durant ? Fallait-il qu'il se martyrise la cervelle pour savoir quoi répondre, comment interpréter cette phrase ? Sur le moment, et malgré le fait que Jonah se soit tu pour lui laisser une fenêtre de réponse, Mìcheal fut incapable de prononcer un mot. Relancer le débat lui paraissait stérile, il ne s'en sentait pas capable et surtout, que dire ? Le silence lui semblait être la meilleure option.

Alors que Jonah reprenait la parole et calmait aussitôt par ces mots les battements trop rapides de son coeur, il éteignit d'un geste instinctif l'eau de sa douche, tandis qu'il faisait coulisser de son autre main le panneau de la porte embrumée. Ces paroles-là l'atteignirent de plein fouet, et il refusait que le moindre obstacle le sépare de Jonah. Tout continuait de se mélanger dans sa tête : ils se connaissaient si peu encore, et pourtant leurs incessantes scènes rappelaient un vieux couple. Il fallait bien reconnaître qu'ils avaient brûlé quelques étapes en chemin, et qu'ils avaient quelques divergences d'opinion notoires. Mais c'était tellement absurde. Lui qui avait enchaîné les conquêtes des années durant, qui appréciait tant des débuts d'amourettes et fuyait dès qu'il s'agissait d'entrer dans le vif d'un vrai sujet de conversation, il ne comprenait pas. Cela ne lui ressemblait pas, se confier ainsi, pénétrer si vite dans l'intimité d'une autre âme que la sienne. Ce genre de pensées le paniqua un court instant, faisant ressurgir sa phobie terrible de l'engagement. Car c'était bien de ça dont parlait Jonah maintenant. Trempé, nu comme un ver, il se sentait faible et désemparé. Combien de filles avaient-ils viré de chez lui pour moins que ça ? Une vague d'agressivité le submergea, mêlée à son épuisement psychologique, et il crut un moment qu'il allait s'effondrer sous le coup de l'émotion, ou alors partir comme une furie en direction du salon.

Mais le temps, encore une fois, joua contre lui, ou de son côté, il ne savait plus très bien. Car ses idées perturbées n'eurent pas le temps de se concrétiser qu'une main le frôla. À son contact, il ferma les yeux, et s'abandonna l'instant d'après dans les bras de celui qui décidément, le rendait totalement incohérent. Posé tout contre lui, le moment de doute s'évanouit comme un mirage, comme une parenthèse miraculeuse dans l'océan de dévastation qui ravageait son esprit. Sa respiration se fit plus ample, plus naturelle, et le moindre de ses muscles se relâcha dans un état de décontraction intense. Avait-il déjà été aussi bien ? Il n'en savait trop rien.

Alors que ses pensées étaient aussi absentes que la moindre logique en ce moment précis, la déferlante des émotions décida de ne pas en rester là. Aussi soudainement qu'il s'était calmé, il sentit une pointe d'excitation le tirer de sa léthargie. Un large sourire s'étira sur son visage apaisé, et il partit à retenir un éclat de rire en se mordant la lèvre. Mais qu'est-ce que foutait son corps, en fait ? Quelle compatibilité étrange pouvaient bien avoir trouvé leurs hormones ? Les questions, il aurait bien le temps de se les poser plus tard. Suivant son impulsion, il repoussa violemment Jonah contre le carrelage encore moite de buée de sa salle de bain, et heureusement que l'effet de surprise était avec lui, sinon Jonah n'aurait certainement pas bougé. Il ne lui laissa du coup pas le temps de réagir, et l'empoigna par les cheveux avant de l'embrasser avec une violence dont il se serait cru incapable. Ses lèvres décuplèrent encore son envie, et seule la pensée qu'il devait se tenir sur la pointe des pieds comme une adolescente le déconcentra une seconde. Le temps cette fois lui importa peu, et il avait bien l'intention d'entraîner Jonah dans la douche pour continuer toute cette petite affaire. Sans le vouloir, il repensa aux mots de Jonah, imprégnés dans sa mémoire et qui n'avaient rien à venir faire là, et pourtant. Je veux te connaître, Micheal. Si tu me l’autorises, je veux tout de toi.

Et c'est à cet instant là qu'il réalisa que c'était impossible. Tout ça, ce jeu ridicule qui les amenait tous les deux à faire absolument tout ce que leurs corps leur dictaient, sans même compter sur la raison. Mais la raison de Mìcheal avait la ferme intention de se faire entendre. C'est pourquoi, alors qu'il embrassait à la folie son amant sans l'ombre d'un remords, il comprit qu'il ne pourrait jamais donner ce qu'il voulait à Jonah. Il ne pourrait jamais tout lui dévoiler de lui, parce que ça signifierait le perdre. Ca signifierait peut-être même mourir. Un frisson lui glaça l'échine. Il ne donnait pas cher de sa volonté s'il essayait de mentir à Jonah : il s'en savait incapable. Il ne pouvait pas renier qui il était pour lui, pour personne d'ailleurs. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de continuer à se presser contre lui, avec l'énergie du désespoir. Jusqu'à ce qu'une douleur sourde ne vienne lui vriller le cerveau, comme un flash qui le força à arrêter. Il reposa son front humide contre le torse de celui qui le rendait totalement fou, le visage tordu par la douleur, le souffle court sous le cou pde toutes ces émotions. Il essayait de comprendre, de tout remettre en ordre mais c'était impossible. Mais bon dieu, il n'était pourtant pas une femme enceinte, qu'est-ce qui pouvait bien justifier de tels changements de comportement ? Un deuxième flash vint lui apporter la réponse.

Non.


Sans un mot, il quitta vivement la pièce, attrapant au passage une serviette dont il entoura ses hanches. Comme un petit poucet aquatique, il laissait sur son passage des flaques d'eau dont il se moquait bien, tout comme il se moquait de laisser Jonah seul dans un état, il l'avait senti, d'excitation assez intense. C'était le mieux à faire, pour eux-deux. Ouvrant la porte qui donnait sur sa terrasse, il attrapa un paquet de cigarettes et en alluma une nerveusement, tentant de rassembler ses idées. C'était impossible. Pourquoi maintenant ?

Il finit par sentir la présence de Jonah derrière lui, et lui fit signe de ne pas s'approcher.

    « Il vaudrait mieux que tu partes, Jonah. »


Sinon, son voeu finirait bien par être exaucé, et il finirait par le regretter. Et surtout, Micheal n'était pas capable de gérer les deux situations en même temps : le retour de ses pouvoirs et la découverte de sa condition par Jonah. Il préférait encore qu'il le croit bipolaire. Alors qu'il lui tournait encore le dos, il se passa une main sur le visage avant d'ajouter d'une voix tremblante.

    « Je te demande de me faire confiance, s'il te plait. Ces secondes là, tu n'as pas envie de les partager avec moi. »



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